Stratégie
“ L'impérieuse nécessité de faire de la croissance dans les pays émergents ”
SEB réalise 85 % de son chiffre d'affaires (3,96 Mds €) à l'étranger, dont 50% dans les pays émergents, où ses ventes ont doublé en 10 ans. En 2014, la Chine sera son premier marché. Aujourd'hui, la croissance du groupe passe très clairement par les BRICs et les CIVETS*, via une stratégie d'acquisition, parfois la meilleure solution pour pénétrer ces marchés. « Le marché mondial du petit électroménager pèse 55 Mds €. 11 Mds sont réalisés par trois leaders. Nous sommes co-leaders avec Philips. Le troisième est le chinois Midea qui pèse 3 Mds. Il n'existait pratiquement pas il y a 10 ans » résume Jean-Pierre Lac, Directeur général adjoint Finances du groupe SEB. « Il y aura forcément des concentrations, d'où notre impérieuse nécessité de faire de la croissance et de prendre de nouvelles parts de marché, seul gage de notre compétitivité ». Et de l'indépendance capitalistique du groupe. Le marché dans les “pays matures” ne croit que de 3%. Les “émergents” connaissent une croissance à deux chiffres, que ce soit l'Amérique latine ou l'Asie. « La Chine enregistre une croissance de 15%, avec une dynamique de + 50% sur certains produits. Des nouveaux concurrents s'apprêtent à rentrer sur le marché. Nous n'avons pas l'intention de nous faire manger !» explique le Directeur financier du groupe dirigé par Thierry de La Tour d'Artaise. « Les derniers résultats du 1er trimestre 2012 (-1,5% du CA à structure et parités constantes, contre +11,6% au 1er trimestre 2011) et les anticipations pour le 1er semestre reflètent la conjoncture économique mondiale pour le moins incertaine » commente J.-P.Lac, qui a accepté pour Classe Export de détailler la stratégie internationale du groupe français.
Propos recueillis par Sylvain Etaix
En rachetant en 2006 51% du capital de Supor (SEB en détient 71% depuis décembre 2011), le groupe d'Ecully a été la première entreprise étrangère à devenir actionnaire majoritaire d'une entreprise chinoise cotée en bourse.
Vous avez récemment racheté plusieurs acteurs locaux dans les pays émergents. Comment se passe leur intégration dans le groupe ?
Comment convaincre les propriétaires d’une entreprise de devenir actionnaire minoritaire aux côtés de Seb ?
Les 4 piliers de SEB
- > L’innovation. Le groupe investit 130 M€ en R&D et marketing stratégique et a déposé 120 brevets. 60% des ventes sont réalisées avec des produits de moins de trois ans. En 2011, 250 nouveaux produits ont été lancés. Objectif : réaliser des innovations de rupture, génératrices de nouveaux marchés, à l’instar du lisseur vapeur “Steampod“ élaboré avec L’Oréal. Le Fond SEB Alliance investit dans des start-ups actives dans le numérique.
- > Les marques. La marque leader, Tefal, génère 1,5 Mds € de ventes. Parmi les 25 autres marques :Moulinex (très présente au Moyen-Orient), Rowenta (USA), Krups et Lagostina. La notoriété de Seb et de Calor est régionale : France, Belgique et Maghreb. Sans oublier les marques nationales : Supor en Chine, Arno au Brésil, Maharaja Whiteline en Inde, Asia Vina au Vietnam et Imusa en Colombie.
- > La distribution. La situation est très disparate d’un pays à l’autre. La maîtrise des réseaux de distribution est l’une des principales priorités du groupe.
- > L’international. Seb réalise 50% de ses ventes dans les pays émergents. Le groupe vend dans 120 pays et possède une cinquantaine de filiales en propre. Dans les années 90, sa stratégie était de pénétrer les BRICs par ses propres moyens. Une stratégie qui n’a fonctionné qu’en Russie. Au cours des années 2000, la direction décide d’acquérir des marques à forte notoriété dans les pays émergents. Stratégie gagnante.
Cette stratégie d’acquisition dans les pays émergents explique-t-elle à elle seule, la bonne résistance de vos activités ?
Après la Chine, pourquoi ces choix de la Colombie, du Vietnam et de l’Inde ?
Quel est le profil type des entreprises que vous rachetez ?
Comment financez-vous vos acquisitions ?
Hormis le cash, que vous appor-tent ces expériences dans les pays émergents ?
L’acquisition du chinois Supor en 2006 a marqué un tournant dans l’histoire des fusions et acquisitions en Chine. Que représente le marché chinois aujourd’hui pour Seb ?
Envisagez-vous de nouvelles acquisitions ?
(*)Colombie, Indonésie, Vietnam, Egypte, Turquie, Afrique du Sud


A quelques jours de Planète Pme, la grande manifestation de la CGPME qui se tiendra le 28 juin au Palais des Congrès et dans l'attente de la nomination d'un Secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, les Pme sont au centre de la problématique de la croissance en France et sont l'objet de toutes les attentions des pouvoirs politiques.








