Structurer sa présence à l'étranger
Nous commençons avec ce numéro une série de dossiers dédiés à l'implantation. Ne vous méprenez pas, il ne s'agit évidemment pas d'expliquer en long et en large aux Pme françaises la meilleure façon de délocaliser leur activité à l'étranger ! Non, nous ne sommes pas en train de reproduire le modèle catastrophique de certains grands groupes qui ferment leur usine en France et créent le chômage dans une ville ou une région…
Les raisons sont multiples :
- pourquoi payer des droits de douane exorbitants et assumer des coûts logistiques énormes alors que nous avons repéré un marché acheteur dans tel ou tel pays ?
- nous allons là où est notre marché acheteur pour une série de produits
- il est possible dans ce pays d’augmenter notre chiffre d’affaires en bénéficiant aussi d’une main d’œuvre qualifiée et meilleur marché
- nous avons besoin de développer notre clientèle et nous répondons à des demandes précises qui nous obligeront à innover, à étendre notre gamme
- nous avons un savoir-faire unique que nous arriverons à développer plus facilement ailleurs
- nous pouvons aussi transformer là où nous achetons notre matière première
Toutes ces raisons ne font pas que les usines vont fermer en France. Au contraire , de nouveaux marchés obtenus créeront de nouvelles opportunités dont on ne pourrait bénéficier en restant fermé sur l’hexagone.
L’idéal, et c’est la recommandation principale à répéter : structurez durablement votre présence, ne cédez pas à l’opportunité passagère, cherchez quelles sont les meilleures façons pour vous de prendre votre place à l’étranger, de diminuer vos coûts, d’augmenter vos gammes. Faute de quoi, vous le savez, ce sont les mêmes étrangers qui viendront offrir leurs services et leurs produits en France et vous concurrencer.
Se structurer à l’international dépend souvent des opportunités de rencontres pour ouvrir un bureau ou sceller un partenariat, avant d’envisager l’implantation si petite soit-elle. Les cas sont variés à l’infini et nous donnons ici quelques suggestions à travers des exemples d’entreprises qui se développent. Nous continuerons chaque mois à recueillir des témoignages par pays, par zone, par type d’activité. La recommandation fondamentale est de se préparer pour maîtriser tous les risques à venir et aussi de s’inspirer de l’expérience vécue par les concurrents ou collègues. A lire ici et à repérer à toutes occasions…
Nicole Hoffmeister

Ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement Jospin (1997/2002), Hubert Védrine a fondé sa société de conseil en stratégie géopolitique en 2003. Face à la poussée des émergents et au déclin relatif des pays occidentaux, il prédit « une longue période d'instabilité pendant laquelle les alliances entre les pays seront multiples et à géométrie variable ».









