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Retour sur le Forum international PACA des 3 et 4 avril 2012

Ils n'ont peur de rien… Même pas de l'international !

Un peu plus d'une centaine de TPE-PME ont concouru le temps des Trophées « Exportez-vous » qui se sont déroulés lors du Salon Classe Export de Marseille (3-4 avril). L'objectif de cette opération initiée par le Groupe CIC et Classe Export : booster le développement à l'international de ses candidats, qu'ils soient des primo ou des exportateurs avertis.

Encore une fois, les participants des Trophées « Exportez-vous » en témoignent : l’entreprise et l’international sont aujourd’hui presque indissociables. « Dans le contexte économique actuel, les Pme qui tirent leur épingle du jeu sont celles qui se positionnent sur les marchés étrangers », constate Philippe François, Président du Club CIC International et directeur marché entreprises et international au sein du groupe CIC Lyonnaise de Banque, co-organisateur avec Classe Export de l’appel à projets « Exportez-vous ». Si certaines Pme surfent sur la vague de la French Touch - toujours aussi porteuse au-delà des frontières – pour s’y faire une place, d’autres misent sur leurs innovations technologiques. Mais elles s’accordent toutes sur un point : être épaulé à l’international permet d’avancer mieux et plus vite.

Dans la catégorie primo-exportateurs

Le premier trophée a été remis à la société Editag qui fabrique des solutions matériel et logiciel sur des applications d’identification, de traçabilité et de surveillance de personnes, d’objets et de biens appartenant au patrimoine culturel. « Pour grandir, nous n’avions pas d’autres choix que celui de partir à l’international », explique Bernard Greiner, son directeur commercial et marketing. Cette Pme aixoise - membre du Prides SCS (Solutions Communicantes Sécurisées) - ne compte pas plus d’une dizaine de collaborateurs. C’est grâce à ses capacités d’innovation qu’elle espère se distinguer à l’étranger. Elle l’a d’ailleurs déjà prouvé en France où elle détient entre 25 et 30% des parts de marché dans le domaine public. Elle assure notamment la sécurité de la Cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence contre le vol et les actes de malveillance, en utilisant les technologies d’identification par radiofréquence (RFID). Si l’entreprise effectuait ses premiers pas à l’export en Suisse, c’est principalement pour atteindre l’Allemagne, « un marché accessible à fort potentiel de développement puisqu’il n’abrite pas moins de 7000 musées », précise Bernard Greiner. Grâce à l’international, Editag prévoit de multiplier par deux son chiffre d’affaires - estimé à 650 000 euros en 2011 - d’ici à 2014.

Autre lauréat de cette catégorie, la jeune société Bio Provence Sarl. Son créneau : les cosmétiques bio imaginés à partir de fruits frais de producteurs régionaux. Un argument sur lequel s’appuie Julie Ducret, président-directeur General de Bio Provence, pour pénétrer les marchés étrangers. Elle qui a fait ses classes dans des grands groupes comme Pepsi-Cola et Heineken pour « mûrir son projet » comme elle le résume, vise principalement l’Espagne, l’Italie et l’Asie. « Nous démarrons simultanément une activité au Japon, en Chine, en Corée et aux Philippines. C’est beaucoup de travail mais surtout de l’adrénaline à haute dose. La Chine est un pari risqué car il y a tout à faire. Nous avons au moins un an pour y enregistrer nos formules », confie Julie Ducret. Son objectif : être présente sur le territoire chinois avant les quelques grands acteurs du secteur.
 
Pour sa part, la société Caragum International - spécialisée dans la fabrication et la vente d’additifs alimentaires et d’arômes alimentaires - est loin d’être une primo-exportatrice. En 2011, son chiffre d’affaires à l’export atteignait 5 millions d’euros, soit près de 85 % de son chiffre d’affaires global. « Nous commercialisons nos formules dans presque tous les pays du globe, synthétise Cécile Carminati, sa commerciale export. Si nous sommes très actifs dans les pays du Maghreb, notre présence en Amérique Latine reste insuffisante à mon goût d’autant que c’est un continent qui, par sa culture, se rapproche du nôtre et nous attire ». Pour y asseoir son développement, l’entreprise concentre à présent ses efforts sur le Mexique. Elle espère y commercialiser prochainement une de ses formules les plus en vogue du moment qui permet de réduire la teneur en matières grasses de produits panés et frits.

Il y a 5 ans, Emilie et Antoine Bérengier reprenaient Bérengier diffusion - éditeur de tissus créé au tout début des années 70 - la rebaptisant Bérengier sas. Après avoir informatisé toute la chaine logistique, ils décident de concevoir du tissu de décoration, en sus des gammes existantes de tissus techniques de protection qui sont déjà exportés, et notamment en Tunisie. Aujourd’hui, l’entreprise met le cap sur la Russie et l’Ukraine pour conquérir avec ses tissus de décoration les hôtels, cafés et restaurants. « En Russie, il y a près de 5000 HCR et il s’en ouvre une dizaine par semaine », justifie Antoine Bérengier, président-directeur General de Bérengier sas. « Si nous parvenons à convaincre un nouveau client russe par semaine, cela sera déjà très bien ». Avant de conclure : « Notre succès à l’étranger devrait être largement supérieur à celui que nous rencontrons sur le marché national dans la mesure où nous revendiquons une production française, un argument qui pèse son poids dans la balance ».

Fanny Perrin d’Arloz