FR  /  Mars 2012  /  Focus Marché : KAZAKHSTAN

Focus marchés KAZAKHSTAN

Après le pétrole, quels enjeux pour les Pme ?

Tablant sur une croissance de 6 % en 2012, le Kazakhstan s'impose comme la plus importante économie d'Asie centrale. Bien que ses ressources naturelles en hydrocarbure (plus de 50 % des exportations nationales) et en minerais portent l'économie nationale, cette ancienne entité soviétique doit s'envisager autrement que par le seul pétrole, secteur sur représenté au demeurant. Ainsi les secteurs de l'énergie et de la logistique, représentent de belles opportunités dans cette région du monde aux confins de la Chine et de la Russie.

Aux portes du sud de la Russie et de l’ouest chinois, le plus grand pays au monde n’ayant d’accès à une mer ouverte porte une attention particulière à son réseau routier et ferré. D’ailleurs, le gouvernement kazakhstanais encourage grandement la construction d’autoroutes entre l’Europe et la Chine pour développer les échanges commerciaux.

Car aujourd’hui, après des années fastes liées à l’exploitation du pétrole en mer Caspienne, le Kazakhstan connaît des cours boursiers historiquement bas. Désormais, le pays doit miser sur la diversification de son économie pour éviter sa forte dépendance aux ressources naturelles nationales qui le fragilisent grandement comme l’explique la Mission économique d’Ubifrance : « Les autorités souhaitent sortir de cette dépendance. Pour cela un plan de diversification de l’économie intitulé « Stratégie pour le développement de l’industrie et de l’innovation jusqu’en 2015 » a été adopté en 2003. L’objectif est d’élever la compétitivité de l’économie ». Plus récemment un nouveau programme a été lancé pour la période 2010-2014 pour le développement industriel dans huit secteurs prioritaires : agriculture, construction, transformation des matières premières, métallurgie, chimie, pharmacie, électricité et infrastructures. « Il y a tout à faire ou presque » prévient François Marque, dirigeant de la société Alex, spécialisée dans l’accompagnement des entreprises en Russie et en CEI. Selon l’expert, la logistique et l’énergie sont deux secteurs porteurs méconnus mais qui méritent une attention particulière.

La supply chain est une problématique d’ampleur au Kazakhstan. « Il existe une multitude de petits transporteurs, à l’instar de la France, mais qui n’est pas du tout organisée en filière. Il manque par exemple des plateformes logistiques telles que Rungis » souligne F.Marque. Grand producteur de fruit et légumes, le Kazakhstan manque également d’entreprises spécialisées dans le packaging de ces produits.
 
« En matière d’énergie, l’eau représente un enjeu de masse au Kazakhstan. Le pays bénéficie des eaux en provenance des montagnes du Tadjikistan et du Kirghizistan ». Elles alimentent un réseau d'eau, par ailleurs, vieillissant. « En outre des projets de petites centrales électriques, d’usine de traitement des déchets en bordure de fleuve figurent parmi les nombreux projets inhérants à ce secteur ».
Le système bancaire kazak-hstanais est un point faible. Selon Coface, le secteur bancaire restera vulnérable en 2012. « Si les restructurations des banques BTA, Temir et Alliance, finalisées en 2010, ont ouvert la voie à la stabilisation du système bancaire, le niveau des créances douteuses, toujours en progression, grève le redémarrage du crédit et pèse sur la profitabilité des banques. Leur solvabilité restera donc sous tension et l’offre de crédit atone ». « Le marché kazakh a ses défis, mais il offre beaucoup d’opportunités et je pense que la volonté existe au Kazakhstan d’être attrayant pour les investisseurs étrangers et spécialement pour ceux qui veulent aider au développement du pays » résume Simen Munter le président d’Eurobak, l’association kazakh pour le commerce avec l’Europe.

Julien Thibert