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Focus Marché : LIBAN

Grande distribution + Euro faible = opportunités pour les biens de consommation français

Après deux années de croissance soutenue (+8,5% en 2009 et +7% en 2010*), le marché libanais s'est fortement contracté en 2011 (+1,5 à +2%). Les troubles politiques internes et la crise syrienne ont été deux facteurs d'instabilité. Côté business, les perspectives pour 2012 sont plutôt bonnes.

L’économie libanaise devrait tutoyer les 3 % de croissance. Un dynamisme que la Zone Euro pourrait envier et qui pourrait bénéficier aux fournisseurs français. En effet, le retour des enseignes Monoprix et l’implantation d’un hypermarché Carrefour en fin d’année pourraient doper la demande de produits de consommation tricolores, que la baisse de l’Euro a rendus plus compétitifs aux yeux des acheteurs libanais.

Petit marché mais marché porteur

« Le retour de l’enseigne Monoprix dont le franchisé, Admic, ouvrira plusieurs magasins sur Beyrouth et ses environs et l’ouverture en fin d’année d’un hypermarché Carrefour au cœur d’un immense complexe dans le quartier Hazmieh de Beyrouth, vont provoquer un appel d’air pour les biens de consommation » estime Nicolas Vassitch, directeur du bureau Ubifrance à Beyrouth. Les produits français ont là une bonne opportunité de s’ancrer sur le marché, d’autant qu‘ils bénéficient de deux atouts majeurs : « ils sont appréciés », et surtout ils bénéficient de la faiblesse actuelle de l’Euro. « Les importateurs libanais sont très sensibles au réajustement de l’euro face au dollar qui rend les produits français aujourd’hui plus compétitifs ».

C’est donc le moment de se positionner. Encore faut-il casser les barrières psychologiques de certains décideurs français devenus un tantinet frileux pour investir sur un “petit” marché au centre d’une zone d‘instabilité géopolitique.

Nicolas Vassitch observe une réticence « qui n’est pas tellement liée aux événements en Syrie, mais davantage à la crise en Europe. Des décideurs se limitent dans leurs projets internationaux, en recherchant le retour sur investissement le plus rapide possible. Or, le Liban est un petit marché, ce qui peut limiter la rentabilité d’un investissement à court terme. C’est dommage car les entreprises qui viennent à Beyrouth signent des contrats, comme cela a été le cas encore récemment dans le secteur du luxe ».

« Le printemps arabe n’a pas eu de conséquence sur l’activité économique »

  Malgré la contraction de l’activité, paradoxalement, 2011 fut l’année où les services de la Mission économique de Beyrouth ont accompagné le plus d’entreprises françaises : plus d’une centaine alors qu’elles n’étaient qu’une trentaine en 2007 au lendemain de la guerre de 2006. « Le printemps arabe n’a pas eu de conséquence sur l’activité économique » commente N. Vassitch. Le Liban est l’un des rares partenaires économiques avec lequel la France peut se targuer d’entretenir une balance commerciale excédentaire : « passée de 718 millions d’euros sur les 10 premiers mois 2010 à 914 millions sur la même période en 2011 avec une hausse des exportations françaises de 27 %  », ce qui n’est pas en soi un exploit, sachant que les produits libanais s’exportent peu en France.

Les opportunités existent dans le BTP, le luxe, les produits alimentaires, la filière santé/bien-être, autant de secteurs prioritaires sur lesquels les services d’Ubifrance axent leurs efforts : organisation d’un pavillon France sur Horeca (salon de l’alimentaire, des produits de hôtellerie et de la restauration, 20 au 23 mars 2012), Project Lebanon (infrastructure, BTP, du 5 au 8 juin 2012), Ecorient (événement co-organisé avec la CCIP, salon itinérant des technologies environnementales, 5 au 8 juin). Une mission santé/bien-être est programmée au second semestre ainsi qu’une rencontre acheteurs dans le secteur de la franchise, « dont les investisseurs libanais sont très friands ».

Sylvain Etaix

* Source Coface

 


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