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Février 2012
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La tribune du commerce international
La tribune du commerce international
Entretien exclusif
Hamadi Jebali, Premier Ministre de Tunisie : La Tunisie prête à faire face à tous ses défis
En position d'humilité, c'est la ligne de conduite du nouveau gouvernement tunisien avec en tête son premier Ministre, Hamadi Jebali, leader du parti islamiste modéré Ennahda qui est arrivé en tête des dernières élections. Il a reçu pendant une heure et demie une délégation économique de patrons de la CGPME qui a été sa première délégation étrangère. Le message d'apaisement et l'action de communication forte qu'il a voulu mettre en valeur démontre son besoin de communication avec l'extérieur. Ecoute, compréhension des problèmes, décisions participatives tout doit montrer la rupture avec l'ancien régime.
“Je viens de passer près de 10 ans à l’isolement dans les geôles de l’ancien régime. Je n’avais droit ni au papier, ni aux crayons, ni à aucun livre, pas même au Coran. Vous savez, c’est très dur de garder l’esprit alerte dans ces conditions. Excusez-moi si j’ai perdu un peu de mon français ».
Le 1er Ministre donne le ton :
« on n’est pas au gouvernement pour parader sur sa victoire mais pour être au service des autres ».
« Pour nous, une république islamique c’est un challenge, un défi, il faut aller de l’avant, il faut donner cette image de la Tunisie, démocratique, moderne et laborieuse. Même si il y a aujourd’hui des difficultés que je n’ignore pas. Beaucoup ont échoué dans cette voie, mais je compte réussir avec un modèle modéré qui se rapproche plutôt de ce que l’on voit aujourd’hui en Turquie ».
« La démocratie, ça se construit dans la rue, dans la société, comme au gouvernement. Il y a aujourd’hui une grande aspiration, les gens veulent s’exprimer. Je suis moi-même presque assiégé par tous ceux qui veulent me parler, je suis même parfois obligé de passer par la porte de service »… « Vous savez, il y a des gens de tous les bords qui parient sur la chute de ce gouvernement ou qui poussent vers la violence pour que je me tourne vers la force et pour donner cette image de contradiction d’un gouvernement modéré, voire même insinuer une sensation d’échec. Mais nous ne nous laisserons pas faire. Je ne nie pas que, malheureusement, il y a des groupes de jeunes qui jouent la politique de la terre brûlée. Mais je renie les projets extrêmes. La société tunisienne converge vers une société de paix et vers une société modérée ».
« Notre mandat sera d’un an ou un an 1/2 , c’est le temps pour mettre en place une constitution, des institutions démocratiques, de façon irréversible. Cela représente un enjeu, mais je n’ai pas peur de décevoir certains en prenant les décisions qui s’imposent ».
« L’image de la Tunisie à l’extérieur est très mauvaise et frôle la désinformation. Sur le plan économique, la Tunisie sera toujours ouverte. Nous avons fait le choix d’une économie libérale et nous entendons nous y tenir. La place de la France qui représente 25% des échanges est capitale et nous avons bien l’intention avec l’Europe comme avec la France de continuer à faire fructifier cette relation très forte et à l’enrichir ».
« Pour nous, une république islamique c’est un challenge, un défi, il faut aller de l’avant, il faut donner cette image de la Tunisie, démocratique, moderne et laborieuse. Même si il y a aujourd’hui des difficultés que je n’ignore pas. Beaucoup ont échoué dans cette voie, mais je compte réussir avec un modèle modéré qui se rapproche plutôt de ce que l’on voit aujourd’hui en Turquie ».
« La démocratie, ça se construit dans la rue, dans la société, comme au gouvernement. Il y a aujourd’hui une grande aspiration, les gens veulent s’exprimer. Je suis moi-même presque assiégé par tous ceux qui veulent me parler, je suis même parfois obligé de passer par la porte de service »… « Vous savez, il y a des gens de tous les bords qui parient sur la chute de ce gouvernement ou qui poussent vers la violence pour que je me tourne vers la force et pour donner cette image de contradiction d’un gouvernement modéré, voire même insinuer une sensation d’échec. Mais nous ne nous laisserons pas faire. Je ne nie pas que, malheureusement, il y a des groupes de jeunes qui jouent la politique de la terre brûlée. Mais je renie les projets extrêmes. La société tunisienne converge vers une société de paix et vers une société modérée ».
« Notre mandat sera d’un an ou un an 1/2 , c’est le temps pour mettre en place une constitution, des institutions démocratiques, de façon irréversible. Cela représente un enjeu, mais je n’ai pas peur de décevoir certains en prenant les décisions qui s’imposent ».
« L’image de la Tunisie à l’extérieur est très mauvaise et frôle la désinformation. Sur le plan économique, la Tunisie sera toujours ouverte. Nous avons fait le choix d’une économie libérale et nous entendons nous y tenir. La place de la France qui représente 25% des échanges est capitale et nous avons bien l’intention avec l’Europe comme avec la France de continuer à faire fructifier cette relation très forte et à l’enrichir ».
Tunisia Export Fund
Un nouveau fonds d’investissement franco-tunisien devrait voir le jour dans les prochains mois. Issu de l’idée de l’équipe française de Capital Export, le fonds d’investissement spécialisé pour les Pme qui se développement à l’international, Tunisia Export Fund a été adoubé par le 1er Ministre et par le Ministre de l’Industrie Tunisien qui ont salué cette initiative majeure. Il semble parfaitement correspondre au besoin très fort de développement des entreprises françaises ou tunisiennes qui ont vécu sous le joug de la famille Ben AliDes dizaines de grands patrons tunisiens se sont déjà montrés près à suivre l’initiative et à contribuer financièrement au fonds. Reste à obtenir un soutien financier étatique tunisien nécessaire pour bien marquer l’intérêt national de ce fonds et rassurer les investisseurs dans cette période de transition. Mais ne dit-on pas que c’est dans ces moments de renaissance que l’on fait les meilleures affaires ?
L’Etat libéral doit aussi jouer un rôle de régulateur
« L’Etat doit jouer son rôle de régulateur. Dans le passé, il y a eu des fautes, des erreurs structurelles que nous devons corriger, notamment dans les régions les plus défavorisées. Nous avons aujourd’hui en Tunisie des régions très pauvres, et la révolution peut renaître dans ces régions si nous ne leur apportons pas l’aide de l’Etat. On va orienter le budget de l’Etat pour corriger les déséquilibres, pour rénover les infrastructures dans ce pays et pour améliorer la santé. Vous savez, il y a en Tunisie trois hôpitaux, les CHU de Sfax, Sousse et Tunis, toutes les autres zones sont démunies de ce type d’installation. Beaucoup n’ont aucune installation d’IRM, de radiologie, de laboratoires d’analyse. Dans ces zones situées au centre de la Tunisie, il y a beaucoup à faire et nous allons nous y employer ».
« Je dois aussi faciliter les démarches et diminuer les tracasseries administratives pour les entreprises qui s’implantent, et j’ai demandé à notre administration de s’y employer ».
« Il existe de nombreux segments d’activité à développer dans le tourisme bien sûr mais aussi dans les énergies renouvelables. Nous avons de nombreux atouts, pour le solaire (nous bénéficions de l’un des meilleurs ensoleillements de la planète), pour l’éolien, tous les atouts pour faire de la Tunisie un modèle dans les énergies renouvelables, et je vais m’employer à motiver les investissements dans ce secteur »… « Le chantier est identique dans le traitement des déchets, je dirais franchement que nos villes et nos quartiers sont sales, il faut aller vers une Tunisie propre et avenante du point de vue touristique ».
« Je dois aussi faciliter les démarches et diminuer les tracasseries administratives pour les entreprises qui s’implantent, et j’ai demandé à notre administration de s’y employer ».
« Il existe de nombreux segments d’activité à développer dans le tourisme bien sûr mais aussi dans les énergies renouvelables. Nous avons de nombreux atouts, pour le solaire (nous bénéficions de l’un des meilleurs ensoleillements de la planète), pour l’éolien, tous les atouts pour faire de la Tunisie un modèle dans les énergies renouvelables, et je vais m’employer à motiver les investissements dans ce secteur »… « Le chantier est identique dans le traitement des déchets, je dirais franchement que nos villes et nos quartiers sont sales, il faut aller vers une Tunisie propre et avenante du point de vue touristique ».
4% de croissance ne seront pas suffisant
« Le domaine de la formation est un grand domaine d’action de l’Etat qui doit faire en sorte de trouver du travail pour tous ces jeunes. Il s’agit de commencer par former les formateurs, en pensant aussi à tous les nouveaux métiers pointus qui exigent les compétences qui mèneront vers les emplois de demain » … « Nous attendrons peut-être 4% de croissance cette année, mais pour absorber tout ce capital humain qui sort de nos universités, il faudrait au moins 7 à 8%. C’est là que je compte sur les petites et moyennes entreprises sur leur flexibilité pour résorber le chômage des diplômés et contribuer à la croissance nationale ».
Vers la liberté de possession du capital dans les entreprises tunisiennes
« Interpellé par la délégation patronale de la CGPME sur le droit des sociétés et la possession du capital par des étrangers la réponse du Premier Ministre est claire » … « Nous allons remédier à tous les freins au commerce et à l’entreprise y compris la notion de possession du capital pour une société de commerce ou de service, et nous allons le faire sans délais. Je compte sur les Pme pour intervenir sur les domaines de l’énergie, de la formation, de la santé, sur tous ces modèles d’entreprises à valeur ajoutée qui peuvent nourrir une nouvelle économie tunisienne ».
« C’est dans l’intérêt de tous que la Tunisie réussisse. Nous pratiquerons une politique d’ouverture, d’assainissement de notre politique bancaire et financière. Nous voulons surtout témoigner de la transparence et de l’Etat de droit ».
Marc Hoffmeister
« C’est dans l’intérêt de tous que la Tunisie réussisse. Nous pratiquerons une politique d’ouverture, d’assainissement de notre politique bancaire et financière. Nous voulons surtout témoigner de la transparence et de l’Etat de droit ».
Marc Hoffmeister

