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Grand Angle sur la SUISSE

La Suisse n'est pas un marché qui s'aborde à la hussarde

Notes
@ratting pays A1
Environnement des affaires A1
Cotation moyen terme : assez bon risque

   2008  2009  2010e  2011p
Croissance PIB (%) 1,9 -1,9 2,9 1,8
Conso. des ménages (var. %) 1,3 1,0 1,5 1,2
Investissements (var. %) 0,5 -4,9 3,7 3,1
Exportations (var. %) 0,5 -4,9 3,7 3,1
Solde public (%) 2,3 1,2 -0,7 -0,4

«Je comprends que les investisseurs viennent volontiers en Suisse. Travailler en Suisse est un gage de prévisibilité, de sécurité, et en quelque sorte de repos de l’esprit. Un système politique fiable, une décentralisation bien organisée, un gouvernement de consensus où tout l’échiquier politique est représenté ».

Michel Faillettaz Consul de Suisse en France est fier d’appartenir à un pays qui attire autant. Son territoire en France couvre les régions de Rhône-Alpes, Franche-Comté, Limousin, Auvergne. Il y a en France deux autres consulats de Suisse, un à Strasbourg pour le nord de la France et un à Marseille pour le sud.

« Ce qui fait la force de la Suisse, ce sont les Pme » affirme Michel Faillettaz, « des entreprises qui font l’essentiel de leur commerce avec l’Europe. Notre premier client est l’Allemagne, notre deuxième fournisseur et client est l’Italie et la France vient en troisième » fait remarquer le Consul « mais nous sommes votre 7e client. La Suisse vous achète autant que la Chine. 14% des exportations de Rhône-Alpes vont vers la Suisse. Il y a du potentiel, mais comme vous le pensez, le marché est déjà bien pris. Et il faut venir avec un produit de niche, innovant et de bonne technologie ».
Le secteur privé a pris le relais de la dépense publique dès 2010

L’impact de la crise sur l’économie suisse a été moins violent que dans le reste de l’Europe et l’activité a rebondi en 2010. L’investissement des entreprises s’est également bien redressé. Dans ce contexte favorable, les autorités ont commencé à réduire sensiblement les dépenses publiques.

La croissance perdra plus d’un point de pourcentage cette année, principalement sous l’effet d’une contribution moins marquée de la balance courante et des dépenses publiques. Le ralentissement de l’investissement devrait rester limité dans les entreprises. D’autant que l’accès au crédit bancaire continuera de s’assouplir. Les exportations seront légèrement freinées par l’activité moins dynamique des principaux partenaires (Allemagne, Autriche, Italie, France, Royaume-Uni et Etats-Unis) et, dans une moindre mesure par le taux de change défavorable du franc suisse vis-à-vis des monnaies de ces clients.

Dans l’industrie, les commandes restaient bien orientées fin 2010, un peu moins dans les services. Le secteur de l’horlogerie est particulièrement performant, porté par le dynamisme de la demande en provenance de la Chine qui est devenue son premier client. Parmi les secteurs renforcés se trouvent également la chimie-pharmacie, la métallurgie, le matériel électrique et les télécommunications, qui, néanmoins, n’ont pas réussi à faire progresser leurs prix de vente. La construction devra être particulièrement surveillée. Le secteur des services financiers, quant à lui, s’est beaucoup amélioré.

Source : Coface

Démocratie directe et plein emploi

« Ce qui est fort chez nous, c’est la notion de démocratie. Mais c’est aussi le même processus de démocratie directe qui freine toutes les décisions puisqu’il faut attendre les consultations qui ont lieu 4 fois par an pour toutes les décisions, même s’il s’agit par exemple de tester l’opinion sur un sujet comme « faut-il augmenter la TVA pour financer l’assurance chômage ? ». Nous avons la tranquillité de citoyens qui vivent un boom économique avec seulement 3,8% de chômage. Pourquoi faire grève, alors que les salaires sont confortables et ré-ajustés en fonction des critères de l’inflation ? »
La particularité de la Confédération est vraiment de fonctionner dans l’esprit de l’autonomie des cantons. La fiscalité, par exemple, est à la fois fédérale, cantonale et municipale. L’appartenance à un canton est très importante. Les gens s’identifient à leur ville.

Quant au Président de la Confédération, il est l’un des sept ministres en place et change tous les ans. Il est élu par l’Assemblée fédérale qui représente les citoyens et le Conseil des Etats qui représentent les cantons. « Notre principal client est l’Union Européenne, mais pensez que nous sommes une population de  7,5 millions d’habitants » insiste Michel Faillettaz, « alors vous comprenez pourquoi nous sommes complètement tournés vers l’export ».

Nicole Hoffmeister