Algérie, les investissements étrangers doivent désormais profiter au pays
“La Pme est au coeur de la loi de finance 2009 : qu'elle soit nationale ou en JV, on ne fait pas de différence entre une Pme algéro-italienne, algéroémirati ou algéro-française ! Il y a 12 mesures sur la Pme, cachées par la mesure sur le crédoc dont tout le monde parle. A Alger, on veut moins entendre parler du crédoc que de ces mesures en faveur des Pme”.
| Les points forts | Les points faibles | |
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• Politique de grands travaux (infrastructures) • Faiblement impactépar la crise financière, pays en croissance • Forte diminution dela dette extérieure • La Banque Centrale a observé la plus granderigueur dans le placement des réserves de change • Populationjeune, 35 millions d’habitants (fin 2008) • Proximité géographiqueet culturelle • Secteur bancaire en voie de modernisation •
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• Les ressources se limitent aux exportations d’hydrocarbures :dépendance au cours du pétrole, compensation de la baisse duprix du pétrole par les réserves de change • Risque de réduction del’excédent commercial si les importations ne sont pas mieux maîtrisées• Durcissement des réformes économiques et financièresvis-à-vis des investisseurs étrangers : risque de limitation de rapatriementdes devises, priorité aux entreprises nationales dans lesappels d’offres, modification des règles sur l’actionnariat étranger• 75% de chômeurs ont moins de 30 ans • |
Assainissement des importations, priorité aux investissements qui bénéficient aux pays (tant en emplois, en valeur ajoutée et qu’en capital), « les réformes de la loi de finance 2009 s’inscriront dans la durée » selon Aderrahmane Benkhalfa, le délégué général de l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers Algériens (ABEF). Ce dernier a tenu le 2 avril à Lyon (1) un discours sans langue de bois devant un parterre de chefs d’entreprises français très demandeurs d’informations, car confrontés à de nombreuses difficultés (cf encadré).
Principaux indicateurs économiques |
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| Millions de dollars | 2007 | 2008 | 2009 | 2010p |
| Croissance du PIB (%) | 3,0 | 2,4 | 2,5 | 4,0 |
| Solde public / PIB (%) | 4,9 | 8,1 | -8,4 | -5,0 |
| Balance courante / PIB (%) | 22,7 | 20,2 | -1,3 | 1,5 |
| Dette extérieure / PIB (%) | 4,2 | 3,3 | 3,3 | 2,7 |
| Réserves en mois d’importations | 34,0 | 30,9 | 33,4 | 31,3 |
Les partenaires historiques de l’Algérie ne sont plus les seuls
« En “diplomatie économique”, l’Algérie est passée de quelques partenaires à une quinzaine de partenaires aujourd’hui. Aux “historiques”, Français, Italiens, Américains qui affirment leur présence, il faut désormais ajouter les anciens PECO, la Serbie, l’Allemagne, les pays du Golfe… L’Algérie présente le plus gros potentiel de la région, le fonds souverain national représente 3 ou 4 fois notre budget, nous détenons en liquidités l’équivalent de 4 années en réserve d’importation, quel que soit le prix du baril. Nos partenariats économiques vont changer à l’avenir. Nos partenaires historiques doivent savoir que le positionnement du passé n’est plus le positionnement de l’avenir. Nos relations bilatérales continuent mais les données changent ».
L’Algérie, un lieu d’investissement et non plus un simple marché
« L’Algérie veut migrer d’un pays “marché” vers un pays lieu d’investissement, c’est dans cette voie que les autorités veulent aller. Pendant 20 ans, l’Algérie est restée un marché d’importation. Certaines entreprises présentes en Algérie depuis 30 ans, ont rapatrié énormément d’argent et n’ont même pas de siège en Algérie ! C’est dans ce contexte qu’il faut “lire” ces changements : nous installons ces mesures dans la durée ».
Nettoyer la filière importation
«Les importations ont reculé de quelques milliards ( 40 Mds en biens, 11 Mds en services en 2008). Pendant dix ans, les importations de véhicules ont augmenté : 250 000 véhicules sont importés chaque année à Alger, or nous n’avons aucune unité de production. La situation ne pouvait pas continuer. C’est la raison pour laquelle le crédit à la consommation a été freiné. Désormais, tout projet d’investissement doit être excédentaire pour le pays au niveau de la balance des devises : les flux de capitaux entrants doivent être supérieurs aux flux de capitaux sortants. Une entreprise qui s’installe sur le sol algérien avec 10 000 euros de capital sera considéré comme un IDE mais si au bout de deux ans, son activité bénéficie davantage au reste du monde qu’à l’Algérie, cela n’ira pas. A l’inverse, une nouvelle société qui n’exporte pas mais qui, par son activité en Algérie, contribue à réduire les importations sera considérée comme “apporteuse” de devises au pays. La complexité fiscale est de plus en plus forte mais le niveau d’imposition est le plus bas de la région. Il faut que le niveau d’intégration en Algérie soit le plus élevé possible : on ne veut pas que le pays devienne un lieu de packaging. Autant les activités qui ne produisent pas de valeur ajoutée en Algérie seront visées (par la loi, ndlr), autant les transformations à partir d’une activité en Algérie seront autorisées ».
Stabilisation des règles du jeu
« Nous sommes dans une phase de stabilisation des règles du jeu : nous allons vers une réorientation de nos stratégies commerciales et partenariales vers une diversification économique des implantations. Cette tendance n’est pas passagère, ni conjoncturelle : les stratégies qui visent à considérer l’Algérie comme un marché seront vouées à l’échec ».
S.Etaix
(1) lors d’un séminaire “sur l’impact des réformes 2009 sur le commerce et l’investissement en Algérie” organisé par la Banque Palatine.
Les entreprises en quête d’informations
En quête d’informations sur les évolutions réglementaires en Algérie, les chefs d’entreprise français étaient venus nombreux à l’invitation de la Banque Palatine à la CCI de Lyon le 2 avril dernier. Ils sont en effet confrontés à de nombreuses problématiques. Citons en trois pour résumer la situation. Premièrement, l’obligation faite aux importateurs de payer leurs marchandises par crédit documentaire a créé une vraie zizanie qui n’est pas prête de s’estomper ! Les canaux bancaires sont saturés, de très nombreux importateurs découvrent le crédoc, les files d’attente dans les banques s’allongent de jour en jour…autant d’éléments qui retardent le traitement des exportations vers Alger et qui générèrent encombrement et surestaries en douanes. Ce qui au final risque d’altérer les bonnes relations entre partenaires français et algériens.
Deuxièmement, le nouveau décret du JO n°17 du 10 mars 2010 impose aux importateurs de se procurer une attestation de franchise de douanes, délivrable “officiellement “sous 30 jours et renouvelable tous les 6 mois, ce qui va encore ralentir le business…. Enfin, la règle des 51% de part locale pour tout projet d’investissement oblige les porteurs de projets à trouver des partenaires locaux en bonne santé financière et prêts à investir, ce qui n’est pas chose aisée dans un pays où l’information financière est difficile à recueillir et où l’esprit entrepreneurial n’est pas une qualité partagée par tous… Le message d’Aderrahmane Benkhalfa a-t-elle rassuré ces entreprises ? Pas si sûr. S.E.

Les activités de l’Agence française pour le développement international sont en pleine mutation, mais les Pme ont-elles la possibilité d’appréhender toute l’étendue des services qui leur sont désormais proposés ? Savent-elles que Ubifrance ayant choisi de placer ses clients au cœur de sa nouvelle organisation, a opéré des changements profonds dans ses équipes ? Depuis deux ans à la tête d’Ubifrance, Christophe Lecourtier fait le point sur le très important mouvement de réorganisation de l’Agence et l’état du commerce extérieur…


