Marché IRLANDE
Le Fighting Spirit des Irlandais les sauvera
Depuis sa création, il y a 40 ans, l’agence a accompagné quelque 3500 entreprises sur une cinquantaine de marchés, en lien avec ses 32 bureaux implantés dans le monde entier.
Gary Fallon (en photo), en charge de l’agence française, symbolise à lui tout seul l’esprit d’entreprise et la vocation internationale : « Les Pme irlandaises sont forcées d’exporter parce que le pays est trop petit et elles sont obligées de trouver des marchés ailleurs. Dans un pays de 4,5 millions d’habitants, ce n’est pas la consommation qui va permettre de faire prospérer l’économie mais l’export. Mon objectif est de faire générer des ventes en France. En fait, les 10% de sociétés irlandaises qui exportent en France, représentent 90% de la valeur des exports. Pour avoir des résultats en France, on a remarqué qu’il fallait bien investir sur 18 mois, sauf pour ceux qui pratiquent régulièrement la France. Pour ma part, vivant en France depuis 12 ans, je commence à bien connaître les Français. Contrairement aux Irlandais qui sont entrepreneurs dans l’âme, les Français ont une approche d’analyse à chaque étape et souvent ils ont peur de se lancer, mais Irlandais et Français sont des latins et partagent un côté relationnel certain, même si les Irlandais sont plus directs dans leurs approches et viennent directement au cœur du sujet ».
G. Fallon rappelle que « l’Irlande fait partie du Royaume Uni, mais pas de la Grande Bretagne »…
Des prévisions de 1 à 3 % de croissance pour 2011
On peut en fait se demander comment ce petit pays qui était donné comme proche de la faillite, réussit à tirer son épingle du jeu ? Où est le secret de la résistance et du dynamisme de ses Pme ? L’analyse de Gary Fallon est claire. « Des mesures drastiques ont été prises par le gouvernement depuis 18 mois déjà. Tous les fonctionnaires ont subi une baisse de salaire en 2009, de l’ordre de 7 à 8%, et même jusqu’à 15% chez les hauts fonctionnaires ». Cette coopération volontaire n’a pas été anodine puisqu’elle a représenté 8 milliards d’euros, soit 5% du PIB en 2010. Il y a toujours eu une certaine compréhension entre les syndicats et le gouvernement au niveau des salaires.
« Résultat : les chiffres publiés par la Commission Européenne montrent que la baisse de l’économie irlandaise enregistrée en 2009 a été bien inférieure à celle envisagée. Bonne nouvelle, pour 2011, on prévoit une augmentation de 1 à 3%.... »
Ces dernières années, le secteur de la construction, avec sa croissance effrénée, a perturbé le système économique du pays. Quand on revient sur la folie de développement et de consommation que le pays a connu jusqu’en 2008, on voit que c’est le secteur de la construction qui a vicié le système : trop de projets de construction anarchiques ont entre autres exposé les banquiers à faire face à des prêts non solvables. Et le système s’est nourri lui-même : l’Irlande, réputée pour ses grands courants d’émigration et qui a su créer à l’étranger des générations de grandes familles politiques, a été aussi, au cours de cette période faste, une terre d’immigration !
Non seulement les Polonais, les travailleurs des pays de l’Est venaient en masse, mais aussi des Irlandais de retour au pays pour profiter de ce boom du secteur de la construction. Mais trop c’était trop…
Les Irlandais savent valoriser leur expertise en créant leur propre business
En fait, depuis 2008, le commerce extérieur de l’Irlande a été moins touché que celui d’autres pays. Les grands secteurs porteurs restent le secteur pharmaceutique, la chimie, l’informatique, tous secteurs à valeur ajoutée qui sont l’apanage des multinationales.
Le commentaire de Gary Fallon : « Les Irlandais ne bénéficient pas de l’assistance des services de l’état en cas de chômage, pas d’Assedic, pas d’aides sonnantes et trébuchantes…celui qui perd son travail dans une grande entreprise et ne veut pas perdre sa valeur ajoutée, n’a d’autre choix que de relever ses manches et valoriser son expertise en créant son business. En 2009, qui a été l’année la plus difficile, les créations d’entreprise ont considérablement augmenté. Et la Livre Sterling ayant perdu 20% de sa valeur donne une raison de plus aux entrepreneurs de se tourner vers la zone Euro et les marchés d’Europe ».
Nicole Hoffmeister
