FR  /  Mai 2010  /  Transport Logistique - Ce que la crise a changé

Transport - Logistique

Les 10 leçons de la crise

Lors de la dernière Semaine Internationale du Transport et de la Logistique, SITL Europe, qui s’est tenu au mois de mars à Paris, des industriels (Louis Vuitton, Pepsico France, Rexel) et des professionnels du transport ont expliqué ce qui a changé pour eux et comment ils voyaient l’avenir.
  1 Incertitude du business
La crise a amplifié le phénomène d’incertitude du business. Un mot revient dans toutes les conversations : l’imprévisibilité. Comme chez Louis Vuitton où au 15 décembre, il était encore impossible d’estimer le chiffre d’affaires en fin de mois.

2 Modification des comportements, nouveaux schémas logistiques
La crise a modifié le comportement des consommateurs (de la classe moyenne) à la recherche de produits à la fois “plus écolos et moins chers”. Nombreux d’entre eux de par le monde sont passés d’une logique de “consommer du bien-être” à une logique de “consommer de l’utile” comme l’explique le Dg de Pepsico France (cf page 44). Ces changements obligent les industriels à mettre en place de nouveaux schémas logistiques.
 

  3 Plus de développement durable
Comme le note très justement Pierre Blayau, mauvaise coïncidence, la crise économique que nous traversons est concommittante avec une évolution sociétale : la prise de conscience environnementale. Même si le contexte ne s’y prête pas, il faut désormais conjuguer ses deux paramètres. On assiste ainsi à la démocratisation du facteur “développement durable”, de plus en plus présent dans les appels d’offres même si le facteur prix reste le critère n°1 pour les entreprises.

4 Repenser l’offre de transport
Ainsi, les professionnels du transport, contraints aux restructurations, doivent repenser leur offres. Ils doivent proposer, certes du prix, mais aussi du transport combiné dans la mesure du possible.
 

  5 L’innovation un outil “anti-crise”
L’innovation apparaît comme un “remède anti-crise”. En effet, bon nombre de professionnels mettent en place de nouveaux services pour leurs clients, parfois même, au terme d’une réflexion commune entre le client et son prestataire. Ainsi, les candidats aux trophées de l’innovation de la SITL n’ont jamais été aussi nombreux que cette année. Citons les initiatives de UPM Kymene, Syctom et Marfet (mise en place d’un service fluvial pour le transport de bobines de papiers, incluant une reverse logistique et le recyclage), et des transports Deret (mise en place d’un camion électrique pour desservir les points de vente en zone urbaine de Sephora).

6 Maîtriser la chaîne d’information
Les exigences en matière de prévisions des approvisionnements se sont accrues tout comme les exigences en matière de système d’information et de traçabilité des flux. Objectif : maîtriser la chaîne d’information pour réduire l’incertitude sur les flux physiques des marchandises.
 

  7 Acquisition de nouvelles compétences
Ces exigences nouvelles impliquent pour les entreprises la nécessité d’acquérir de nouvelles compétences. Les profils recrutés dans les départements supply chain / logistique des industriels sont de plus en plus qualifiés et experts en pilotage des flux. Désormais, les métiers de la logistique attirent davantage de talents (cf encadré page 44).

8 Raisonner sur l’ensemble de la supply-chain
De plus en plus d’entreprises ont compris qu’elles devaient pour optimiser leurs process, raisonner non plus seulement sur leurs propres coûts mais sur l’ensemble des coûts de la supply chain, de leurs fournisseurs jusqu’à leurs clients.
 

  9 Rapprochement entreprise/fournisseur
Un rapprochement inéluctable semble s’opérer entre l’entreprise et ses fournisseurs, notamment dans les flux d’information (prise de commande, état des stocks disponibles chez le fournisseur, traçabilité…). Selon Xavier Deruycke, directeur supply chain chez Rexel, ce phénomène est lent mais inéluctable.

10 Plus de sûreté/sécurité
Autre paramètre non lié à la crise économique mais de plus en plus prégnant : les exigences croissantes en matière de sûreté/sécurité s’imposent à l’ensemble des acteurs du commerce mondial. Trois notions (cf page 48) nouvelles s’imposent aux opérateurs : OEA (de fait), ICS et ECS (par la législation).