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Transport - Logistique

Ce que la crise a changé

Crise économique, trésoreries sous pression, exigence de sécurisation des schémas logistiques et des marchandises, conscience environnementale croissante, manque de visibilité des marchés, évolution du comportement d’achat des consommateurs… Autant de nouveaux paramètres auxquels les entreprises, transporteurs comme industriels, doivent (vite !) s’adapter.

Fin mars, lors du dernier salon européen du transport et de la logistique (1), le sentiment général se résumait ainsi : le plus dur semble être passé mais l’avenir est encore bien incertain. Ce ne sont pas les compagnies aériennes qui diront le contraire ! Quinze jours plus tard, l’éruption du volcan islandais paralysait le ciel européen pendant six jours. Montant des pertes pour les compagnies : 1,7 milliard USD selon l’International Air Transport Association (IATA). Déjà mises à mal par la crise économique, les compagnies européennes, les plus touchées, n’avaient pas besoin de ce mauvais coup du sort.

Reconstitution des stocks plutôt que reprise ?

D’une manière générale, quelle est la situation aujourd’hui ? Les volumes transportés demeurent faibles, en tout cas encore loin de leur niveau d’avant crise. L’incertitude sur les carnets de commande semble être le seul point commun à tous. Même quand on est la plus grande marque de luxe française comme Louis Vuitton.
Philippe Van den Kerckhove, CEO du commissionnaire belge Van Doosselaere & Achten à Anvers résume la situation : « on ne voit pas la lumière blanche qui annonce le  bout du tunnel ! » et s’interroge : « certains signes semblent indiquer une amorce de reprise : le trafic avec l’Asie redémarre depuis le début de l’année, ce qui est plutôt bon signe, mais cette timide reprise ne cache-t-elle pas simplement un phénomène de reconstitution des stocks des industriels occidentaux, plutôt que le véritable redémarrage de l’activité dans son ensemble ? ».

Conjuguer les effets de la crise et la nouvelle demande de développement durable

Quoi qu’il en soit, tous les acteurs se préparent à cette reprise tant attendue. La nouvelle réalité du moment : faire plus vite, plus propre, être plus compétitif, apporter toujours plus de services aux chargeurs avec un prix correspondant aux attentes du marché. Les professionnels du transport et de la logistique doivent s’adapter aux changements induits par la crise en proposant de nouvelles organisations. Mais ils doivent aussi, en même temps, répondre au changement sociétal exprimé par une “conscience verte” de plus en plus marquée.

Certes, le report du projet de taxe carbone en France a été salué par les fédérations du transport (transport routier en particulier, qui devrait enregistrer un nombre record de faillites en 2010) et par les représentations syndicales patronales (Medef, Cgpme), mais la tendance de fond est bien là : désormais, le développement durable fait partie du cahier des charges. Aujourd’hui, il faut transporter propre… ou presque!

Comme le fait justement remarquer Pierre Blayau, directeur général de SNCF Geodis, « la crise est concommittante avec la prise de conscience environnementale de la société. Même si le contexte ne s’y prête pas, il faut conjuguer ces deux paramètres ». Tous les grands appels d’offres comportent une part de transport propre et de développement durable. Aux transporteurs de proposer des offres de transport multimodales combinant dans la mesure du possible, la route, la voie d’eau et le rail.

Dans ce dossier, des industriels (Louis Vuitton, Pepsico France, Rexel) et des professionnels du transport (les ports du Havre et d’Anvers) expliquent ce que la crise a changé pour eux et comment ils voient l’avenir. Nous avons retiré 10 enseignements de leurs témoignages (lire pages suivantes).

S.E.