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Russie

Sotchi : entre mer, montagne, corruption et écologie…

A moins de quatre ans des prochains J.O 2014, l’ancienne station balnéaire soviétique de Sotchi ressemble à un grand chantier à ciel ouvert. Infrastructures de transport, hébergements, stations de ski…tout reste à construire ! Coût du projet : entre 10 et 12 Mds USD ! Conséquence de la crise, les financements privés font défaut mais les autorités maintiennent le cap. Certaines (rares !) entreprises françaises tireront leur épingle de ces jeux.

Ces XXIIe Jeux Olympiques d’hiver seront les premiers de l’histoire à être organisés dans un climat subtropical, sur les bords de la mer Noire (pour les épreuves sur glace) et sur le site montagnard de Krasnaya Polyana (Caucase), à une quarantaine de kilomètres de Sotchi. Cette ville provinciale jusque-là délaissée subit une véritable cure de rajeunissement pour s’exposer au monde entier le 7 février 2014, date de l’ouverture des JO. « En 2007, lorsque Sotchi a été désignée comme ville hôte des JO, les autorités russes ont annoncé que 80% des infrastructures étaient à construire, en réalité, c’est plutôt 95% » résume J. Piegay, représentant en Russie d’Entreprise Rhône-Alpes International (ERAI), « à Krasnaya Polyana, il n’y avait que quelques remontées mécaniques. Aujourd’hui, quatre stations sont en cours de construction de A à Z…On voit de jour en jour les évolutions ».

Faire de Sotchi un complexe touristique de classe mondiale

Outre la modernisation et l’embellissement de la ville, le programme d’infrastructures est très ambitieux : construction d’un nouveau terminal aéroportuaire à l’aéroport de Sotchi (capacité d’accueil : 4 millions de personnes), construction de 200 km de routes nouvelles et d’autoroutes (dont le doublement de la route d’accès à Krasnaya Polyana, en site encaissé, non construite à ce jour), nouvelles lignes de chemin de fer entre l’aéroport, la ville de Sotchi et les stations, renouvellement de la flotte d’autobus de Sotchi, pose de 700 km de réseaux de fibres optiques, doublement de la capacité énergétique (deux centrales thermiques, une hydraulique), protection des sites (sous la pression du lobby écologiste, Sotchi étant au centre d’un immense parc naturel), construction de deux usines de traitement de l’eau … 

Les travaux vont bon train ! La société d’Etat Olympstroy a géré les “appels d’offres” pour les projets d’infrastructure,… dans un style forcément  “local”. « On ne peut pas vraiment parler d’appels d’offres, tels que nous les concevons » explique un industriel français. Tout le monde en Russie, Andréi Medvedev lui-même, a reconnu le risque de corruption dans l’utilisation des fonds publics (sur les 10 à 12 Mds USD, deux tiers concernent Sotchi).

Course contre la montre

Ces contrats ont tous été remportés par des entreprises russes ou à capitaux russes. Ainsi, le champion du BTP autrichien Strabag qui a obtenu le contrat pour l’extension de l’aéroport de Sotchi est détenu à 30 % par l’oligarque russe Oleg Deripaska. Les Français comme Bouygues et Vinci sont aux abonnés absents. Conséquence de la crise, le secteur privé qui, initialement, devait financer 40% des investissements ne se presse pas. C’est donc le gouvernement fédéral russe qui met la main au pot.

Une véritable course contre la montre est engagée. Pour que toutes les installations soient prêtes dans les temps, il reste encore énormément à faire, au point que certains observateurs étrangers doutent de la faisabilité de l’ensemble de ces travaux d’Hercule d’ici fin 2013. Il faut être Russe pour être convaincu ! « Le gouvernement fédéral dirige directement les travaux, tout sera prêt à temps » assure Anatole Volikov, dirigeant russe de Gorimpex, premier acteur sur le marché russe de l’aménagement des stations de ski “clef en main” et représentant exclusif en Russie de nombreuses entreprises françaises (Pomagalski, MND, Dianeige) et européennes (lire page suivante).
S.Etaix