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Métiers de l'international

Les langues mènent à des métiers exceptionnellement porteurs


Marie Mériaud-Brischoux

«Il faut arrêter de faire croire aux gens qu’il n’y a pas de métier valable dans les langues » Marie Mériaud-Brischoux, directrice générale de l’ISIT, grande école qui forme à la communication interculturelle, à la traduction et à l’interprétation, part en guerre contre les malentendus que les Français entretiennent traditionnellement.

“Il faut que les entreprises comprennent qu’elles gagneraient à demander l’appui d’un interprète dont elles sont sûres. Il ne faut pas hésiter à investir dans ce genre d’accompagnement, tout aussi utile que l’appui d’un juriste dans les opérations internationales. Où que vous alliez dans le monde quel que soit votre niveau d’anglais, pensez que la subtilité et le registre étendu de compréhension de la langue et de la culture du pays où vous voulez faire des affaires, sont des “plus”, disons même souvent la clé de la réussite des négociations ».

Un interprète débutant dans une Institution européenne gagnera de l’ordre de 5 000 euros par mois, tous prélèvements payés.
Un interprète free-lance dûment répertorié, travaille suivant des règles strictes de fonctionnement. Il va recevoir une rémunération de l’ordre de 600 euros par jour. Bien payé mais très exigeant….

L’apprentissage du métier d’interprète force à ne pas être artificiel dans ses relations à l’international, à savoir transmettre un message (ce qui est utile dans tous les métiers), à acquérir une expérience certaine dans le domaine du management et de la communication interculturels.

Marie Mériaud-Brischoux fait remarquer que les grandes langues, celles à partir desquelles l’Europe s’est structurée, notamment le français, l’anglais, l’allemand, souffrent d’une pénurie d’interprètes. Et pourtant ce sont les langues les plus utilisées dans les négociations internationales. « Supposons que la langue dans laquelle je parle soit ma langue maternelle et que cette langue ne soit plus utilisée dans les grands lieux, cela signifie la disparition du pays de la scène internationale… » avertit la directrice de l’ISIT. D’où la campagne de sensibilisation menée dans différents pays pour que le français devienne une langue moins rare.

D’ailleurs, face à la pénurie d’interprètes de langue française, toutes les institutions européennes cherchent à recruter les meilleurs candidats qui devront se présenter aux concours qui exigent une parfaite maîtrise des langues pour la traduction et l’interprétation.  L’ONU vient de signer un memorandum avec l’ESIT et l’ISIT, visant, entre autres, à préparer spécifiquement les étudiants au concours de recrutement du personnel linguistique de l’ONU. Les étudiants auront même la possibilité d’effectuer des stages d’immersion dans les services linguistiques de l’ONU…C’est un grand privilège pour ces futurs interprètes qui enrichiront leur expérience professionnelle en partageant le quotidien des professionnels de l’institution. C’est en effet une première mondiale. L’ONU espère attirer des candidats excellents pour passer les concours, dans les six langues officielles de l’Organisation : arabe, français, anglais, chinois, russe et espagnol. Les étudiants de l’ISIT sont d’ores et déjà impliqués : six d’entre eux ont été sélectionnés parmi une centaine de candidats pour partir en Chine et participer à l’organisation des Jeux Olympiques de Pékin.  C’est un gros travail avant et pendant les JO et une expérience inoubliable qui les prépare à la vie d’un interprète, mêlé à tous les grands évènements mondiaux. Mais, ce ne sera pas leur but unique, car ces étudiants allient une expertise dans tous les domaines du management et de la communication avec leur parfaite maîtrise des langues et des techniques d’interprétation et de traduction. Ils se destineront aussi bien à des carrières de cadres dans les entreprises qui travaillent à l’international qu’à des postes au sein de grandes organisations internationales.
Nicole Hoffmeister