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Point de vue

“Les entreprises françaises doivent progresser dans les pays du monde arabe”


Hervé de Charrette

Arrivé à la présidence de la Chambre de commerce Franco Arabe en 2008, Hervé de Charrette, Député, ancien Ministre des Affaires étrangères, opère un changement radical dans l’institution pour la redynamiser et lui donner un nouveau souffle. Il plaide pour une mobilisation des entreprises françaises sur ces pays où nous bénéficions d’une bonne image, mais où nous sommes encore trop peut présents.

La particularité de la Chambre de Commerce Franco Arabe est d’être mixte et paritaire. Elle  compte 22 représentants des 22 pays de la ligue arabe. « Nous avons des responsables économiques de tout premier plan au sein de la Chambre, » explique Hervé de Charrette, « c’est une vraie force pour les entreprises françaises qui veulent s’en servir, quand on connaît  l’importance du relationnel dans ces pays. »

Actions d’informations en France, missions à l’étranger, Hervé de Charrette redéploie sa Chambre de commerce dans tous les azimuts en France comme à l’étranger.

L’un des événement marquants de ce début d’année a été l’organisation du 3e forum sur la finance islamique à Paris. « On parle beaucoup plus aujourd’hui de la finance islamique car elle porte en elle-même des valeurs qui ont fait défaut au monde de la finance récemment. C’est aussi un enjeu considérable pour des pays comme le nôtre car c’est de 800 à 1000 Mds d’euros qui se trouvent dans ses fonds et qui sont prêts à être employés dans des investissements conformes aux règles coraniques. Cela ne doit pas faire peur, au contraire, c’est tout à fait sain, moral et finalement cela constitue une véritable alternative au système financier du capitalisme moderne. La prise de risque par l’investisseur est beaucoup plus grande dans la finance islamique car la rémunération par le taux d’intérêt est bannie. Notre travail est de bien expliquer ces mécanismes et de faire émerger une évolution de la législation qui apporte les conditions d’un développement de ces fonds en France. Il n’y a aucune raison de laisser aux Anglais ou aux Luxembourgeois le monopole de l’emploi de fonds qui pourraient avoir une grande utilité ici.»

Accompagner 300 entreprises dans les pays arabes

Pour marquer sa volonté de s’inscrire dans une dynamique, Hervé de Charrette, accompagné de Serge Degallaix, ancien ambassadeur de France en Tunisie, venu prêter main-forte à la Chambre de Commerce pour quelques mois, a signé coup sur coup deux accords, l’un avec Ubifrance, l’autre avec la CGPME. « Nous nous engageons à accompagner en 2010 près de 300 entreprises françaises dans les pays arabes. Nous avons une demande forte sur les pays d’Afrique du Nord, avec lesquels nous avons une façon de penser commune et une grande proximité.»

Mais c’est sans doute sur des pays plus lointains : Arabie Saoudite, Qatar, Egypte que les potentiels de développement restent les plus importants. Une mission au Qatar et à Abu Dhabi sera organisée du 10 au 15 avril prochain, elle permettra à la Chambre de mobiliser des contacts de haut niveau au profit des entreprises qui participent  afin d’organiser des rencontres BtoB. Au deuxième semestre, l’action sera plus centrée sur l’Egypte avec une mission sur place mais aussi l’accueil d’une délégation importante fin novembre à Lyon.

« L’Egypte est un cas frappant des progrès qu’il nous reste à accomplir. C’est un grand pays de 90 millions d’habitants, avec une belle industrie sur lequel nous sommes presque absents et dont l’image dans l’inconscient français est beaucoup trop associée au tourisme. Nous sommes dans l’année des partenariats technologiques entre la France et l’Egypte, nous allons nous employer à remédier à cet état de fait et mieux informer les entreprises sur ce pays.»
Marc Hoffmeister