Financement Assurance Prospection
Financez votre développement export avec le FAP !
Les entreprises l’attendaient depuis longtemps, le voilà désormais disponible dans toutes les “bonnes” banques du pays : il s’agit… bien entendu du FAP, le Financement de l’Assurance Prospection, dernière évolution d’une procédure de garantie publique des exportations sans cesse modernisée pour mieux répondre aux besoins des entreprises exportatrices tricolores. En cette période où les trésoreries de nombreuses entreprises sont dans le rouge, cette nouvelle source de financement est plutôt bien accueillie. « L’AP, c’est bien, le FAP c’est encore mieux ! Intégrer les banques dans le dispositif est une bonne idée » témoignent à l’unisson les entreprises qui ont goûté à ce tout nouveau dispositif (entré en vigueur en juillet 2008) mis en place par la collaboration de Coface et du réseau bancaire.
Le FAP fait partie des toutes dernières novations (avec le contrat de développement participatif d’Oseo) dans le dispositif français de soutien à l’export. Ce dernier vise à enrayer la chute du nombre d’entreprises exportatrices (passé de plus de 100 000 en 2000 à 94 000 en 2009, soit trois fois moins que nos voisins d’outre-Rhin qui enregistrent 300 000 exportateurs) et notamment à faire émerger de grosses Pme “à l’allemande”, nos fameuses Entreprise de taille intermédiaire (ETI), trop peu présentes sur les marchés étrangers.
Rappelons les “vertus” de l’AP. Partir à la conquête des marchés extérieurs tout en sachant qu’en cas d’échec, une partie de leurs dépenses de prospection sera indemnisée par leur assureur, voilà une “assurance risque” très appréciée des entreprises françaises !
C’est le principe de l’assurance prospection, produit hybride combinant assurance et avance de trésorerie, proposée par Coface (pour le compte de l’Etat français) et les banques signataires de la convention, à nos entreprises exportatrices. Un dispositif propre à la France et bien connu des chefs d’entreprises chevronnés à l’export. Mais pas de tous. Si l’on en croit les chiffres de Coface, “seules” 6462 entreprises bénéficiaient d’une AP au 31 décembre 2009, ce qui, ramené aux 94 000 entreprises exportatrices, reste faible : le dispositif ne bénéficie qu’à moins de 7% du bataillon export ! Précisons toutefois que l’AP a été créée pour pousser les entreprises les plus “frileuses” à se lancer à l’export (contrairement aux Pme italiennes naturellement tournées vers les marchés extérieurs !) et que de nombreuses autres réussissent parfaitement leur internationalisation, sans avoir besoin de recourir à ce dispositif. Néanmoins, la progression est constante : le nombre d’assurés a augmenté de +15,93 % sur un an (5 574 assurés en 2008).
De 2008 à 2009, les demandes de garanties ont progressé de 10,05%, tandis que les garanties acceptées par Coface ont progressé de 18,78%. Sur la même période, le montant total des garanties est passé de 148,2 M€ à 200,8 M€, soit une progression de 35,9%.
Bien que relativement peu utilisée, l’AP est pourtant très efficace. Sur les trois dernières années, elle a permis à des entreprises de concrétiser des projets sur de nombreuses destinations : Allemagne, USA, Royaume-Uni, Chine et Russie (dans l’ordre des destinations les plus demandées). Ce sont surtout les entreprises des secteurs des services (prestations, logiciels, études,… 26,5% des dossiers en 2009) et de l’agroalimentaire (16% des dossiers) qui ont le plus recours au dispositif alors que les biens d’équipements (8,5% en 2009), le textile habillement et le travail des métaux (6,5% chacun) sont moins demandeurs. Quant aux profils des entreprises qui utilisent le plus l’AP, ce sont surtout des petites structures (en 2009, 47% des contrats ont été réalisés par des entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1,5 M €, contre 52% en 2008). Viennent ensuite les entreprises dont le chiffre d’affaires est compris entre 1,5 et 8 M € (34 % en 2009 contre 31 % en 2008, cf tableaux).
Le FAP va-t-il “booster” l’intérêt des entreprises pour l’Assurance prospection ?
Que ce soit pour démarrer un business sur une nouvelle destination, renforcer ses réseaux de distribution à partir d’un pays sur une région, passer d’une stratégie opportuniste à une stratégie de long terme pour s’ancrer durablement sur un marché, évoluer d’une logique de représentation vers une logique d’implantation avec l’ouverture d’une filiale commerciale… l’AP permet de mener à bien de nombreux projets d’internationalisation et à ce titre est bien le “fer de lance” des dispositifs de soutien à l’exportation pour les entreprises françaises. Pour rendre ce dispositif encore plus attractif, l’AP est donc désormais assortie d’une possibilité de financement bancaire.
Le “plus” apporté par le FAP. Ainsi depuis un an, les “explorateurs” des marchés extérieurs peuvent se faire financer leurs dépenses de prospection avec le FAP (Financement de l’Assurance Prospection). Le dispositif est ainsi complété ! En plus de l’assurance contre l’échec de la prospection dont elle bénéficie avec l’AP, l’entreprise peut se faire financer ses dépenses.
Le principe : la mise en place d’un accompagnement bancaire dans le dossier d’AP, rendu possible grâce à l’accord conclu en 2009 entre Coface et 9 groupes bancaires. L’entreprise(1) emprunte à sa banque le montant dont elle a besoin (validé par Coface) pour financer sa prospection. La banque est garantie sur ce montant par Coface à hauteur de 100 % (pour les dossiers inférieurs à 100 000 euros) ou de 80% pour les dossiers d’un montant supérieur. A la fin de la période de prospection, 65% du montant garanti est remboursé par Coface à la banque. L’entreprise ne rembourse à sa banque que le solde (35%), à un coût “tout à fait raisonnable” selon les sociétés que nous avons interrogées(2) dans ce dossier.
Le FAP est la dernière modernisation apportée à l’Assurance prospection ces deux dernières années
En effet, les autorités françaises voulaient un dispositif plus simple, et surtout plus adapté, à la fois à l’évolution de l’entreprise au sens large, devenue plus innovante et plus immatérielle, et aux évolutions des pratiques du commerce international. L’idée est de renforcer le bataillon français sur les marchés étrangers. Le FAP qui démarre tout juste (316 dossiers à ce jour) ne va pas résoudre à lui seul toutes les carences du commerce extérieur français. Mais il apportera son soutien aux entreprises ambitieuses à l’international. Pour l’heure, banquiers et assureurs doivent encore s’entendre sur quelques points de fonctionnement du dispositif (notamment les modalités de sa reconduction), qui, comme toute nouveauté, doit encore être “affiné”. Il le sera à n’en point douter dans les prochaines semaines.
Le groupe CIC premier acteur du marché
Aujourd’hui, 9 établissements bancaires sont engagés dans la distribution et le financement de l’AP, avec des implications plus ou moins importantes. Le Groupe CIC qui témoigne dans notre dossier (lire page suivante) a été le premier à s’investir sur le sujet. Il est aujourd’hui leader sur ce marché naissant avec environ 60% des dossiers délivrés en 2009. Le FAP entre parfaitement dans sa logique de diversification des produits et services proposés à sa clientèle d’entreprises et complète ses services destinés à ses clients exportateurs (financement des opérations import/export, conseil avec le Club CIC International).
L’intérêt de proposer le FAP pour un établissement bancaire est double : proposer du crédit mais surtout accompagner ses clients à l’international. Les entreprises actives à l’export présentent un meilleur risque et une meilleure santé financière que les autres…
