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En direct des pôles et des clusters

Champagne-Ardenne

“Sortir de nos habitudes pour avancer?”

Thierry Dardart est Directeur général adjoint du pôle de compétitivité Industries et Agro-ressources (IAR). Le pôle à vocation mondiale, soutenu par les régions Picardie et Champagne-Ardenne tisse peu à peu un maillage de partenariats internationaux à la recherche de synergies. Objectif : s’ériger en acteur européen incontournable d’ici 2015.

Un secteur échappe-t-il aujourd’hui à la question de la valorisation des agro-ressources ? A bien y réfléchir, pas vraiment… Énergie, matériaux, chimie, nutrition santé : entre Grenelle de l’environnement et sommet de Copenhague, chaque filière se penche (et plus que jamais)  sur les solutions “vertes”. Dans cet élan mondialisé, le pôle IAR fait marcher à plein sa vocation de leader de l’innovation et des partenariats dans le domaine de la valorisation des agro-ressources.

Labellisé en juillet 2005, IAR compte aujourd’hui 170 membres parmi lesquels laboratoires, universités, centres de recherche (INRA) mais également des Pme et des grands groupes  tels que EDF/GDF Suez, Solvay ou encore Roquette, Soufflet, Tereos ou Champagne Céréales dans l’agro-industrie. « Depuis 2006, nous avons labellisé 115 projets et 75 ont déjà été financés pour un montant de 115 M€ au total », note Th. Dardart. « Notre cœur de cible se concentre vers les entreprises de l’agro-industrie. Toutefois, nous tendons à renforcer nos activités dans les nouvelles valorisations non alimentaires (VANA). Le pôle compte aujourd’hui quatre domaines d’intervention : bioénergie, agromatériaux, chimie verte du végétal, ingrédients et actifs ».

Des marchés en forte croissance
Concernant la bioénergie, « nous travaillons essentiellement sur les bio-carburants de seconde génération, la méthanisation ou encore  le biogaz » explique Thierry Dardart. « Les agromatériaux touchent quant à eux de très nombreux secteurs : que ce soit dans l’automobile ou dans l’aéronautique, les constructeurs sont aujourd’hui à la recherche de revêtements d’origine végétale (lin ou chanvre par exemple). Le pôle intervient également dans le domaine de la nutrition et de la santé, avec des développements pour les secteurs alimentaire, cosmétique… » Des marchés appelés à être vecteur de très forte croissance dans les années à venir : « les investissements industriels se concrétisent peu à peu mais tout cela va se faire dans le temps », estime Th. Dardart.  « Nous nous concentrons sur la recherche de partenaires et l’identification des acteurs et producteurs de la biomasse. IAR est leader en France dans son domaine, notre objectif est de le devenir en Europe d’ici 2015. Notre logique est donc d’avoir une grande visibilité au-delà de notre “territoire de labellisation” que sont les régions Picardie et Champagne Ardenne ».

Projets collaboratifs
Illustration de cette politique de montée en puissance : le tissage de projets collaboratifs avec des clusters européens et mondiaux.  Dernière action en date : un appel à projets “nutrition santé” initié  avec Nutrition–Santé–Longévité (NSL) et Wagralim et avec le soutien de leurs quatre régions respectives : Champagne-Ardenne, Nord-Pas-de-Calais, Picardie et Wallonie (lire ci-contre). En Allemagne, c’est avec le pôle Clib 2021 à Düsseldorf qu’IAR a signé un mémorandum : « le marché allemand  concentre de très nombreux acteurs de la chimie ». Le pôle a été également coordinateur du projet européen “Biorefinery Euroview” visant « à identifier en Europe les grands besoins en bio-raffinerie, à coordonner et accompagner les développements du secteur ».

Un engagement très fort des Etats-Unis dans les agro-ressources
Mais c’est outre-Atlantique que se trouvent les marchés des agro-ressources les plus dynamiques. « Le Canada a une politique très volontariste en la matière. Nous avons effectué plusieurs missions d’étude avec les universités de Sherbrooke au Québec, de Guelph, en Ontario  et le cluster Agrifood Ontario, qui nous a d’ailleurs beaucoup inspirés dans son mode de fonctionnement ». Aux Etats-Unis, « notre prospection a été plus récente, et plus rapide. L’administration Obama s’étant engagée de façon très volontariste dans les agro-ressources, le pays s’est révélé être un partenaire incontournable pour nous. Parti de ce constat, nous avons envoyé un chargé de mission pendant un an à Washington et travaillons actuellement à l’élaboration d’une feuille de route pour envisager les synergies possibles des deux côtés de l’Atlantique ».
Céline Guiral