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Bulle immobilière et risque inflationniste : les autorités chinoises réagissent
Après avoir ouvert les vannes du crédit, les autorités chinoises font machine arrière. Pour accompagner le retour à la croissance, les autorités chinoises avaient laissé filer leur politique monétaire en 2009. Résultat : les banques chinoises ont octroyé pour environ 10 000 Mds RMB de crédit l’année dernière, soit près du double du chiffre de 2008, et très largement au dessus de ce que les autorités avaient anticipé.
Aujourd’hui, Pékin entend donc donner un tour de vis à sa politique monétaire pour éviter toute surchauffe, notamment l’apparition de bulles immobilières et le risque inflationniste. Ainsi fin janvier, lors de l’Asian Financial Forum à Hong Kong, le président de la commission chinoise de régulation bancaire a annoncé son intention de mieux contrôler les crédits. Ceux-ci seront limités à 7500 Mds RMB. Autre mesure de restriction : l’obligation faite aux principales banques chinoises d’augmenter leur réserves obligatoires (RO), ce qui les contraint dans leur politique de distribution du crédit. S. Green de la SCB témoigne de cet emballement du crédit, « Les banques ont “perdu les pédales” dans leur politique d’octroi de prêts tant aux entreprises qu’aux ménages » et du risque que constitue l’immobilier : « le marché immobilier résidentiel est progressivement reparti à la hausse, pour littéralement s’envoler en fin d’année dernière dans les grands centres urbains (Shanghai et Pékin notamment) ». En juillet dernier, le m2 atteignait 17 000 CNY à Shenzhen, près de 14 500 CNY à Pékin. « On ne peut cependant pas encore parler de bulle à l’échelle nationale mais si les prix continuent de grimper de la sorte, l’inflation pourrait se propager dans les villes secondaires. Nous sommes sortis de la déflation en mai 2009 pour entrer dans une phase inflationniste, qui si rien n’est fait, pourrait dérailler d’ici 2011 ». Le resserrement monétaire opéré actuellement sera-t-il suffisant pour empêcher le dérapage ?
