En couverture
Le consommateur chinois s'éveillera-t-il ?
Stephen Green, de la Standard Chartered Bank, Shanghai
Selon la banque SCB, la contribution de la consommation chinoise dans la croissance du PIB ne cesse d’augmenter.
“Certes, l’investissement est le premier moteur de l’économie chinoise, il explique entre 5 à 6% de la croissance actuelle du pays, l’industrie représentant 54% du PIB. Mais la consommation progresse également. Les ménages chinois consomment ! » assure Stephen Green, de la Standard Chartered Bank (SCB) de Shanghai.
Ainsi, selon les prévisions de la SCB, la part de la consommation dans la contribution à la croissance chinoise augmentera ces prochaines années. Selon ses statistiques, en 2007, la consommation privée chinoise était de 890 Mds USD contre 884 Mds en France, 1138 Mds en Allemagne, et 8276 Mds aux Etats-Unis. Ramenée par habitant, la consommation privée atteste du fort potentiel puisqu’en 2008, la consommation par habitant n’était que de 1 Md en Chine contre 14 Md en France et en Allemagne, 22 au Japon et 27 aux Etats-Unis… « On a assisté à un retour de la confiance des consommateurs mi 2008 » commente S. Green qui s’appuie sur la reprise des ventes de détail, des achats automobiles et du trafic aérien domestique. « Depuis le début d’année 2009, les achats de voiture et de billets d’avions, produits coûteux, ont largement progressé ».
Hausse des salaires
Principal facteur qui influe directement sur les niveaux de consommation : les salaires. Ceux des travailleurs migrants se sont tassés après avoir connus une augmentation de +8% avant la crise. Mais la tendance à long terme est à l’augmentation des salaires, dans un contexte de vieillissement de la main-d’œuvre chinoise. « Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour les donneurs d’ordre occidentaux dont les coûts vont augmenter. En revanche, c’est une bonne nouvelle pour les entreprises qui vendent sur le marché chinois : plus de rémunération signifie plus de dépenses ! » explique S. Green pour qui « les engagements du gouvernement chinois en matière de santé et d’éducation ne soutiendront pas la consommation chinoise avant une ou deux décennies » !
