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Etats-Unis : 30 Mds $ pour relancer l'emploi et l'investissement
La consommation des ménages et l’investissement privé ne jouent plus leur rôle de moteur de la première économie mondiale. Avec un chômage qui atteint des sommets (+10%) et des entreprises en surcapacité, finies les dépenses sans compter, l’heure est à l’épargne ! Pour relancer ces deux moteurs traditionnels, le président Obama mise sur un nouveau stimulus de 30 Mds USD, « pris sur les fonds remboursés par Wall Street ».
Le 27 janvier dernier, lors de son discours sur l’Etat de l’union et à dix mois des élections du Congrès, le président Obama a évoqué, avant d’appliquer le gel des dépenses publiques, un nouveau stimulus de 30 Mds USD pris sur les fonds remboursés par Wall Street au gouvernement américain. Objectif : favoriser le retour à l’emploi (le président Obama a exigé une nouvelle loi sur le sujet) alors que le taux de chômage moyen devrait atteindre 10,2 % en 2010 selon le Congressional Budget Office.
Au menu, crédits d’impôts pour les entreprises qui recrutent, relance du crédit aux Pme par les banques de proximité et dans un avenir plus lointain, doublement des exportations. Force est de constater que le méga plan de relance de 787 Mds USD lancé début 2009 n’a pas donné tous les effets escomptés. La reprise (+ 1,8% selon Coface, + 2,7% pour le FMI) demeure donc fragile tant que les deux piliers traditionnels, moteurs de l’économie seront en panne.
Endettés, les ménages américains ne sont plus prêts à consommer
Chez les ménages américains, les effets de la crise des subprimes ne se sont pas estompés d’un coup de baguette magique. Très endettés, ils épargnent davantage. « Dans les années 80, le taux d’épargne avoisinait les 8%. Il s’est réduit dans les années 90 pour se rapprocher d’un taux normal aujourd’hui, entre 5 et 8% » explique Dean Baker co-directeur du Center for Economic and Policy research, Washington. Plus d’épargne, donc moins de consommation ! Aujourd’hui, la génération des baby boomers a atteint la tranche d’âge où l’épargne est à son niveau maximal (46 et 64 ans). Or, la plupart d’entre eux disposent d’une épargne limitée (entre 50 000 et 60 000 $ en moyenne).
Avec la crise immobilière, beaucoup ont vu fondre leurs actifs immobiliers ; près de 20 millions de propriétaires doivent désormais rembourser plus que la valeur de leur bien acheté à crédit (dont la valeur a souvent chuté de plus de la moitié!) Plus de deux millions de saisies immobilières ont été enregistrées ces deux dernières années. Qui plus est, les seniors font face à des dépenses de santé importantes alors que les prestations retraites (Medicare) risquent d’être diminuées avec un chômage à la hausse…
En surcapacité, le secteur privé n’est pas prêt à investir
Selon Dean Baker, « les secteurs de la distribution, de l’immobilier d’entreprise et de l’hôtellerie ont tous beaucoup trop construit entre 2005 et 2008. L’utilisation des capacités dans le secteur manufacturier était de 67,6% en octobre 2009, soit un niveau proche de celui du creux post-dépression ». Pour l’heure, la reprise de la production industrielle ne semble donc pas pour cette année.
