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Focus : tourisme et festivité

Pyrotechnie : le marché explose !


Jean-Michel Dambielle

Le groupe français Lacroix - Ruggieri, leader européen des spectacles pyrotechniques, vient de franchir une nouvelle étape sur le marché chinois : disposant depuis 2006 d’un bureau de représentation à Shanghai, l’entreprise vient de monter sa filiale en propre. Objectif : se faire une place de choix sur un marché qui représente 50 % de la demande mondiale en spectacles pyrotechniques mais aussi le premier producteur (90 % du marché mondial !) de feux d’artifice.

Vendre des spectacles clé en main et s’approvisionner en artifices. Voilà ce que fait Lacroix Ruggieri sur le marché chinois à travers sa nouvelle filiale à 100 % de capitaux propres (Wholly Owned Foreign Enterprise : Wofe). Dans un marché où le tourisme explose relayé par des événements grandioses (JO de Pékin, Expo universelle de Shanghai, 60 ans de la Chine communiste…) arrosés de feux d’artifice fastueux, le groupe français fait profiter à plein d’un savoir-faire français historique (Ruggieri était déjà l’artificier du roi Louis XVI !) : « Nous ne fabriquons pas de feux d’artifices », explique Jean-Michel Dambielle, directeur général opérationnel. « Nous intervenons au niveau de la conception, nous créons et assurons la maîtrise d’œuvre de spectacles ».

Le groupe français entretient depuis 15 ans des relations avec la Chine, où il source ses produits. « Devant le développement du marché des spectacles pyrotechniques, nous avons fait le choix de nous implanter à Changsha, capitale du Hunan ».

Pourquoi cette région ? « Elle compte à elle seule 1 400 usines de fabrication d’artifices ». Une mine d’or pour Lacroix Ruggieri !

“L’impression d’acheter un sac Vuitton”


« Je me rends quatre fois par an en Chine. Je n’ai pas le souvenir d’une nuit passée à l’hôtel sans le bruit lointain d’un feu d’artifice tiré ! ». Mais si « la Chine a inventé la poudre noire », elle n’a pas véritablement la culture du spectacle pyrotechnique à la française, celui qui raconte une histoire, à travers des tableaux et un fond musical.

« En Chine, l’usage pyrotechnique se fait à de nombreuses occasions : lors d’un enterrement pour chasser les mauvais esprits, ou du dernier étage d’un immeuble quand ce dernier est fini de construire ».

Les clients de Lacroix-Ruggieri sont des agences internationales, des villes, des comités d’organisation… « Quand ils nous commandent un spectacle, ils ont un peu l’impression d’acheter un sac Vuitton ! » note J-M Dambielle. « Cela fait notre valeur ajoutée sur le marché ». Pour l’instant, la filiale compte deux salariés expatriés mais ils seront cinq d’ici la fin de l’année après l’embauche de trois salariés locaux.

C.Guiral