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La tribune du commerce international

Aérophile, la passion du ballon

Aérophile, l’inventeur du premier ballon captif illustre parfaitement ce lien étroit entre innovation et exportation. Retour sur cette “success story”, qui pourrait donner envie à d’autres de relever le défi de l’innovation.

Tout commence à l’école Polytechnique, au début des années 1990. Matthieu Gobbi et Jérôme Giacomoni, alors étudiants, fondent le premier club de vol en ballon de l’histoire de l’X. Mais ces deux pilotes chevronnés se rendent compte que voler n’est pas à la portée de tous. « Le ballon, c’est super, mais c’est aussi très cher », résume J. Giacomoni, fondateur de la société Aérophile S.A. Leurs bicornes toujours vissés sur la tête, les deux polytechniciens commencent les essais : « nous avons profité de notre stage de fin d’études à l’école des Ponts pour travailler notre concept ».
Très vite, Matthieu et Jérôme s’aperçoivent qu’ils tiennent une idée : permettre au public de s’élever de 150 à 300 mètres dans les airs, portés par la nacelle d’un ballon gonflé à l’hélium. En clair, rendre possible au plus grand nombre des vols en ballon. Une révolution dans le monde très «select» des montgolfières. Aérophile S.A est née. En 1994, les deux jeunes polytechniciens lancent leur premier ballon, à Chantilly. Aujourd’hui Aérophile, c’est plus de 50 ballons à l’étranger (Istanbul, Berlin, Prague, Dubaï, Los Angeles, Toronto, Rome…) 47 salariés et un chiffre d’affaires multiplié par quinze.
« Nous sommes passé de 2 millions de francs la première année à 8 millions d’euros en 2008 », annonce fièrement le dirigeant. Success story ? « Pas vraiment, explique modestement J. Giacomoni. C’est plus une aventure, un long défi technique et commercial ». Car, contrairement à une idée reçue, l’innovation, c’est avant tout l’école de la patience. « Il ne faut pas croire que les choses vont vite. Entre l’idée et le premier client, il peut s’écouler énormément de temps ».

L.M.