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Solidarité et inventivité face à la crise dans les pays émergents
Simple coïncidence ? A l’heure où s’ouvrait la conférence de l’ONU sur l’impact de la crise sur le développement, se tenait sa jumelle à Paris, sur ses implications pour les pays émergents et en développement. L’objectif pour les organisateurs, le Club de Paris et l’Institute of International Finance, était d’analyser l’impact de la crise sur les économies les plus fragiles, mais aussi de proposer des solutions inventives pour sortir au plus vite de la récession.
“Ces pays sont triplement touchés » a expliqué Christine Lagarde, ministre de l’économie, des finances et de l’emploi. «Les exportations vers les pays développés diminuent ; les apports de capitaux par des investissements ou des transferts de migrants sont en recul et ils ont des difficultés à refinancer le service de leur dette externe ».
Alors que la crise trouve ses racines dans les dysfonctionnements des systèmes de régulation des pays riches, mondialisation oblige, les pays émergents se trouvent aujourd’hui touchés de plein fouet.
Devant ses homologues camerounais et indonésien mais aussi devant les gouverneurs des banques centrales ghanéenne et hongroise, la ministre a appelé à une « réponse globale et une solidarité plus importante envers les pays les plus touchés ».
Mais la résolution de cette crise sans précédent n’est pas seulement une question de moyens. C’est pour cette raison que l’ensemble des intervenants s’est appliqué à proposer des solutions concrètes et inventives, pour sortir de la récession. Et de citer en exemple, la création fin mars du nouvel instrument assurantiel « la ligne de crédit flexible » ainsi que la proposition de la Banque mondiale de fonder « un cadre de lutte contre les vulnérabilités ». La Commission européenne, pour sa part, serait en train d’étudier un mécanisme qui permettra d’augmenter les ressources pour imprévus du FED sous la forme d’aide budgétaire aux pays les plus vulnérables.
“ La reprise mondiale devrait venir des pays émergents d’Asie ”
Bill Brummit, directeur général du trésor australien a cité quant à lui, l’exemple de l’octroi d‘un prêt d’un milliard de dollars à l’Indonésie qui devrait être finalisé mi-juillet. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a affirmé de son côté « qu’il était essentiel d’associer les pays pauvres à l’effort de relance des pays développés et à la hausse des financements des institutions internationales ».
Pour autant, l’intégration des pays Baltes à la zone euro ne semble pas compter parmi les solutions envisageables pour le moment (ces Etats risquent de figurer parmi les plus touchés). « Le jour où il y a un ajustement nécessaire, soit l’ajustement se fait en terme réel, ce qui veut dire baisser les salaires, les prestations sociales, soit l’économie se fait en terme de chômage», a expliqué le responsable de la Banque de France. Enfin, comment parler de l’impact de la crise sur les pays émergents sans répondre à la question qui est sur toutes les lèvres depuis plusieurs mois : à quand la reprise ?
John Lipsky, premier directeur général adjoint du Fonds Monétaire International, s’est montré optimiste : « dans les prochaines semaines, nous allons relever légèrement nos prévisions de croissance, en particulier celles de 2010 ». Et d’ajouter : « les craintes d’un revers grave ont été surmontées (…) et les risques d’une crise bancaire étendue se sont atténués. La reprise mondiale devrait venir des pays émergents d’Asie ».
Leila Minano
