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Plans de relance
Recovery act : le rêve américain deviendra-t-il réalité ?
Le plan de relance américain pourrait profiter aux entreprises françaises… à certaines conditions.
« La France a vocation à participer à la relance américaine », assure Christine Lagarde, ministre de l’économie venue inaugurer la conférence d’Ubifrance sur les opportunités pour les entreprises françaises dans le cadre du plan de relance américain. Voté le 17 février, l’« American recovery and reinvestment act of 2009 » prévoit une enveloppe de 787 milliards USD. Une aubaine pour les entrepreneurs français ? La partie n’est pas gagnée d’avance. Le marché américain n’en est pas devenu plus facile d’accès même si ce plan de relance prévoit des campagnes de grands travaux dans les infrastructures, les transports publics et l’économie du futur (basée sur les énergies renouvelables) où pourraient se greffer des entreprises françaises. « Les PME ne doivent pas espérer y réaliser des ‘coups’. S’implanter ou exporter aux Etats-Unis doit s’inscrire dans la durée », souligne Marie Landel, conseillère du commerce extérieur et présidente du cabinet Marie Landel & associates installé à Boston.
La prospection dans un pays grand comme quinze fois la France, les mises aux normes selon la réglementation de chaque Etat nécessitent du temps et des fonds. « Le plan de relance peut davantage intéresser les grands groupes », analyse Serge Bellanger, président de la Chambre de commerce franco-américaine. Une solution pour les PME : « se mettre dans le sillon d’une grande entreprise française implantée depuis longtemps », propose Jacques Beltran, directeur des affaires publiques chez Alstom. Autre bémol : le « Buy American act » qui assure la priorité aux entreprises américaines sur les marchés de l’acier et du fer à destination des travaux publics.
« Nous ne craignons pas cette loi, poursuit Jacques Beltran, mais nous restons vigilants. La France a signé l’accord multilatéral sur les marchés publics (AMP), mais il n’a été signé qu’avec 37 des 50 Etats d’Amérique. » Bruno Moreau, Pdg d’ASK, société spécialisée dans la fabrication de cartes RFID, semble moins rassuré : « L’administration nous a expliqué que nous pourrions perdre notre prochain appel d’offres si nos puces n’étaient pas fabriquées aux Etats-Unis⁄». L’emploi reste ainsi le nerf de la guerre avec un taux de chômage de 10%.
Du jamais vu depuis plus de 15 ans.
« Là-bas, certains pans de l’industrie ont été abandonnés, explique Jacques Sarrazin, vice-président stratégie groupe de Lafarge. Il faut repérer des entreprises américaines du même métier, qui ont déjà un marché et leur proposer nos technologies françaises. » Le savoir-faire français pourrait ainsi, en retour, être une aubaine pour l’emploi outre-atlantique.
Ariane Puccini
