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Actualités du commerce international

Les industriels européens du transport tirent la sonnette d'alarme

Réunis lors du World Forum Truck and Bus, les 11 et 12 mai à Lyon, constructeurs et transporteurs ont évoqué ensemble les clés d’une sortie de crise la moins douloureuse possible. Soumis à un effondrement historique des ventes de véhicules ainsi qu’à un recul des flux de marchandises dans le monde, le secteur n’a aujourd’hui qu’un objectif : limiter les dégâts.

D’emblée, Paolo Monferino, Pdg d’Iveco, annonce la couleur : « Aujourd’hui, nous devons concentrer nos efforts dans un seul objectif, celui de notre survie ». « Je n’ai jamais connu un tel effondrement de l’économie, poursuit-il. Nos entreprises sont touchées de plein fouet. Les immatriculations de véhicules de plus de 16 t ont chuté de 50 %, une baisse deux fois plus importante qu’en 1994, la pire année que nous ayons connue auparavant. Les trois premiers mois de 2009 sont désastreux puisque nous avons enregistré 85 % de commandes en moins par rapport à 2008. Cette situation n’est pas durable, elle constitue une vraie menace pour l’emploi. Mais aujourd’hui, nous devons nous organiser pour répondre à la demande quand les choses iront mieux ». Un défi parmi d’autres pour le secteur qui, en plus de redresser la barre de la croissance, doit se plier à l’exigence du siècle : le développement durable. « Nous avons besoin d’être aidés au niveau européen », lance le Pdg d’Iveco dans un véritable plaidoyer du secteur. Non seulement au niveau des financements, mais également de la législation. La perspective de la conformité à la future norme Euro VI* qui devrait être appliquée dès 2013 inquiète clairement les professionnels : « S’y conformer devrait coûter entre 6 et 8 milliards d’euros aux constructeurs européens, estime Paolo Monferino. Je m’interroge aujourd’hui sur la nécessité véritable de maintenir une telle législation sur les émissions de CO2 pendant ces temps difficiles. D’autant plus que certains véhicules d’avant Euro 0 sont encore en circulation… » Une analyse que partage Stefano Chmielewski, Président de Renault Trucks : « Certaines politiques mettent notre industrie en danger. Retarder l’application de Euro VI de deux ans pourrait sauver beaucoup d’emplois, et cela, les instances de décision doivent le comprendre ». Pour le président de Renault Trucks, les efforts doivent se faire en priorité en direction des solutions innovantes et de leur viabilité économique. « Le seul problème est qu’aujourd’hui, les fabricants ne font plus suffisamment de bénéfices pour investir dans la R&D, note Stefano Chmielewski. Où va-t-on trouver les fonds ? ». Une question et un défi de plus pour les constructeurs.

C.Guiral