Actus Ces PME exportatrices en pleine ascension

Ces PME exportatrices en pleine ascension

Ces Pme qui misent sur l’export pour doper leur chiffre d’affaires, mettant leur dynamisme et leurs connaissance au service de leur croissance, s’engageant pour faire avancer leur profession, cherchant sans cesse à gagner en compétitivité, anticipant la montée en compétencede leur collaborateurs, voilà les fleurons de demain, ces Pme libres et engagées, vigilantes et compétentes.
Comme en témoignent Sylvie Guinard, présidente de Thimonnier et Sandrine Dumoulin Haussemer, présidente de MI Médical Innovation ci-après.

Il faut créer un nouveau monde qui change tous nos anciens codes

Sylvie Guinard. Présidente de Thimonnier et vice-présidente de la FIM. Elle est au conseil de surveillance de l’UIMM, membre du Symop, le syndicat des créateurs de solutions industrielles. Elle fait partie du conseil de surveillance de Visiativ après avoir participé à l’Alliance pour l’industrie du futur. Elle vient d’être élevée au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur, distinction remise par Clara Gaymard

« La France est un petit pays, il faut aller à la découverte d’autres camarades de jeux dans le monde ». Sylvie Guinard, présidente de Thimonnier prône l’obligation pour une entreprise de devenir son propre acteur en prenant la liberté de faire des choix.

Elle rappelle l’invention de la machine à coudre qui a fait la renommée de Thimonnier dans le monde. C’était en 1830, la  grand périodes de révolutions industrielles : la photographie, la machine à vapeur, l’utilisation de nouvelles énergies, toutes ces découverte en chaine qui ont profondément impacté nos façons de vivre et de raisonner. Ce sont désormais d’autres révolutions auxquelles nous allons être confrontés.

On arrive désormais à une période de grands changements, Sylvie Guinard affiche 85 % du chiffre d’affaire à l’export pour son entreprise. Avec son équipe de 80 salariés, elle est entièrement engagée  à l’international, mais n’entend pas en rester là. Représentant la cinquième génération de la famille Doyen et suivant l’exemple de son grand-père qui avait déposé 280 brevets, jusqu’à inventer le Doypack, marque protégée, un emballage souple toujours utilisé. « Mon grand-père a inventé les emballages souples pour tous produits ménagers, nous on se spécialise dans les machines pour fabriquer les emballages souples, pour la soudure et le remplissage. Nos machines sont en inox spécial. Elles sont très chères mais très solides. Nous n’avons pas de concurrent en France parce que le marché n’est pas assez demandeur. Il ne représente 15% de notre chiffre.
Et justement, Thimonnier, qui se dit « petit poucet » dans le grand marché mondial,  peut s’enorgueillir d’avoir vendu 8 machines en Inde, prenant l’avantage sur tous ses grands concurrents finlandais, allemands, japonais, italiens, une grande satisfaction pour Sylvie Guinard qui surveille de près la concurrence internationale.

3000 machines en fonctionnement dans le monde.
« On existe chez les clients parce qu’on continue à innover »
En termes de construction, on envisage des machines très intuitives qui permettent une utilisation optimale. On peut faire des machines spéciales de manière à optimiser les besoins de chaque client. Nos équipes de suivi viennent essentiellement pour former à la meilleure utilisation de la machine.

En Inde, on a capté une véritable opportunité : passer du pasteurisé à la technologie aseptique
Un pays très peuplé qui grossit de 20 millions d’habitants chaque année. Les enjeux pour nourrir cette immense population sont énormes. La chaine de froid n’est pas organisée et l’industrie agroalimentaire est très faible. La plus grande source de protéines pour cette population végétarienne dans son ensemble est le lait. Comment le conserver et le transporter par des températures de 40 degrés et plus ? On a estimé qu’on libérait le pays de la chaîne du froid avec nos emballages souples aseptiques, qui assurent une conservation de 3 à 4 mois malgré la chaleur ambiante.

Je suis très investie dans l’industrie du futur
« C’est une opportunité fantastique. En France, il n’y a pas de marché suffisant pour faire vivre l’entreprise. Aussi je viens d’intégrer le programme Accélérateur Pme de la Région Auvergne Rhône Alpes. On a besoin d’outils pour activer la croissance. Nous avons de plus en plus de clients qui recherchent des produits clefs en main, des solutions connexes amont et aval et nous avons besoin de technologies que nous ne maîtrisons pas encore ».
D’ici 20 ans, 60% de métiers seront différents et on peut même dire qu’ils nous sont actuellement inconnus à l’heure actuelle.
On se dirige vers l’industrie 4.0. il faut se préparer à faire vivre un nouvel écosystème dans l’entreprise et penser à faire évoluer les compétences des collaborateurs. Et Sylvie Guinard d’aller plus loin « Avec le digital, l’interaction se fait avec les clients, les fournisseurs, aussi bien qu’avec les écoles et les centres de recherche »
Nicole Hoffmeister

Une Pmi de 7 personnes qui est l’un des leaders mondiaux sur un marché de haute technologie

Sandrine Dumoulin Haumesser

« On peut être femme, mère de famille et chef d’entreprise, …et réussir à l’international » lance Sandrine Dumoulin Haumesser qui a repris en 2011 la société MI Médical Innovation, créée en 1982, mais peu exploitée jusqu’alors.

Et pourtant dans sa spécialité, les équipements destinés aux thérapies de bien-être pour le monde médical, médecins, kinésithérapeutes, professionnels de l’esthétique, correspondent à un marché très demandeur.

« Nous sommes certifiés ISO9001 et 13485 et nous portons une attention toute particulière à la qualité de nos produits. Tous sont de conception et de fabrication françaises » explique la dirigeante qui ne ménage pas ses efforts pour satisfaire le monde de la
mésothérapie et des médecins. Elle a mis au point une politique de sourcing personnelle, monté un site internet qu’elle a fait traduire en 4 langues : français, anglais, espagnol, russe. Elle participe au Congrès international d’esthétique à Monaco où elle voit tous les médecins qui doivent être sensibilisés par ses appareils. Elle a des clients à Hong Kong, Londres, Istanbul, en Russie.

« J’aime ce que je fais » dit-elle « je suis idéaliste, cela me fait plaisir de soigner les gens. Mais je préfère être coureur de fond plutôt que sprinter.  Pas un seul de nos distributeurs a cassé le contrat, c’est à nous de les alimenter pour qu’ils puissent intéresser leurs futurs clients. On ne travaille pas de la même façon en Pologne qu’en Grèce. Il faut axer son argumentation en fonction des attentes et en respectant les religions et les comportements de chaque pays, souvent différents des attentes des Français ».

Le problème de la société MI Medical Innovation, c’est que ses instruments conservent un très bon fonctionnement pendant au moins 10 ans ! Alors, il faut toujours sensibiliser de nouveaux clients, de nouveaux médecins. La mésothérapie, thérapeutique inventée en 1952 par le docteur Pistor, est utilisée non seulement en médecine esthétique, mais en médecine générale pour traiter les rhumatismes, la bronchite, l’asthme, la migraine, et aussi la médecine sportive (tendinites, claquages). Les appareils, dénommés Pistor, sont donc variés en fonction de l’utilisation et des effets recherchés nottament les effets anti-douleur. « On a la chance de pouvoir utiliser le nom de l’inventeur de la mésothérapie. Nos clients ne connaissent pas encore bien cette technique. Il faut les former. Entre le sourcing et la signature du contrat il se passe bien 18 mois. De plus, bien se dire qu’à l’international, nous dépendons beaucoup des décisions politiques de nos dirigeants »…

L’originalité de l’environnement de MI Médical Innovation  Originale en effet, la société a choisi de s’installer au fond de la Lozère, à Chanac, un village de 1200 habitants, entre Mende et Marvejols, mais cela ne l’empêche pas d’exporter dans le monde entier  et d’étoffer continuellement sa gamme de produits tout en restant en étroit contact avec le monde médical national et international. « Ce que j’aime dans cette implantation, c’est que j’ai pu venir habiter en Lozère. C’est  un choix : dans le département, on peut circuler calmement car il n’y a qu’un seul feu rouge. On a une qualité de vie sensationnelle. J’ai fait un choix de vie. J’ai 3 enfants en bas âge et j’aime mon autonomie et ma liberté pour combiner les affaires et la vie personnelle. C’est le même choix pour les salariés qui choisissent de venir travailler chez nous.

Non seulement, dans la société, on privilégie la France profonde mais de plus on choisit de fabriquer en France. Les pistolets Pistor sont tous montés localement et Sandrine Dumoulin recherche toujours la proximité. Cette stéphanoise d’origine fait fabriquer ses mallettes de rangement de produits dans la région de St Etienne, sinon, elle choisit de se fournie en Languedoc Roussillon pour la proximité. « Mes fournisseurs sont toujours à moins de 3H de route de chez nous » dit-elle avec satisfaction « et je n’ai jamais de rupture de stock ».

Enfin, last but not least,  cette dirigeante d’entreprise se fait naturellement respecter : « c’est simple » dit-elle, « mon avantage est de mesurer 1m80 et donc de ne pas ressembler à une midinette »…. A quoi tient la réussite !!! 

Nicole Hoffmeister

Cet article est paru dans Classe Export Magazine novembre-décembre 2017 :

Magazine novembre-décembre 2017 - 242
Version en ligne + papier envoi France métropolitaine. Etranger : Ecrire à magazine@classe-export.com

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