Lettre Internationale Réussir au féminin, est-ce si difficile ?

Réussir au féminin, est-ce si difficile ?

Faut-il lutter pour une parfaite égalité ? Dans le monde du travail, un sexisme souvent invisible domine notre culture d’entreprise encore trop chargée de stéréotypes. Certes les femmes n’ont jamais cessé de lutter pour faire reconnaître leurs droits, en général soutenues par de grands noms comme ceux de Simone Veil, Benoite Groult, Simone de Beauvoir et désormais encouragées par Marlène Schiappa, notre combative secrétaire d’Etat à l’égalité Femme-Homme. Le Président Macron a engagé l’ensemble de son gouvernement dans une montée en puissance de l’action en faveur de l’égalité et des droits des femmes à commencer par la parité dans les ministères.

Mais dans les entreprises, les avis sont partagés et les opinions diffèrent entre grands groupes et Pme. Oui, apparemment, dans les grands groupes on déplore toujours le faible nombre de femmes dans les conseils d’administration, comme aux postes direction et les salaires des femmes nettement inférieurs. Par contre dans les Pme, on aurait plutôt tendance à constater que les postes se déclinent en fonction des charismes de chacun.

Le monde du travail devenant de plus en technologique et digital, il faudrait engager les femmes dans des filières scientifiques et technologiques qui les conduiraient vers des postes techniques de plus en plus prisés et cela représenterait une avancée vers la mixité, les gisements d’emplois dans le digital étant immenses.

Cependant, le Cercle InterElles, réseau d’entreprises engagées pour promouvoir la mixité, rapporte qu’une étude publiée au dernier Women’s Forum par Mckinsey fait ressortir que si dans le monde du travail, les femmes jouaient un rôle similaire à celui des hommes, le PIB mondial afficherait une croissance de 11% d’ici 2025 avec plus de 12 mille milliards de dollars. Il est aussi reconnu que les équipes de management mixtes sont plus performantes que les autres, mettant en valeur l’impact positif de la mixité sur l’engagement des salariés et le bien être au sein des entreprises.

Cependant, malgré l’engagement de nombreuses associations, la tendance ne s’inverse pas en France, pas plus que dans les pays européens et aux Etats-Unis. Par contre c’est le contraire dans les pays émergents, en Chine, en Inde ou au Moyen Orient. La société Lenovo, l’une des grandes entreprises engagées dans les démarches du Cercle InterElles, tout comme Areva, Engie Orange, le fait remarquer : « avec 34% de femmes dans nos effectifs, nous nous situons au dessus de la moyenne des entreprises de technologie grâce à nos origines chinoises et à notre forte présence en Chine ». Ces entreprises ont en effet bien compris que l’équilibre des genres et la féminisation sont des enjeux de business et encouragent les femmes à s’engager dans des filières technologiques de plus en plus porteuses.

En ce qui concerne la France qui se donne l’ambition de progresser dans les efforts accomplis pour promouvoir la mixité, ce sera un atout considérable pour l’attractivité du pays.

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