Actus Tournée africaine du Président Macron : La France change de discours

Tournée africaine du Président Macron : La France change de discours

© REUTERS/Philippe Wojazer

Plusieurs annonces économiques ont jalonné le discours du Président de la République Français au Burkina Faso  qui marque une véritable volonté de changement des comportements vis à vis des pays africains.

Présent hier au Burkina Faso, reçu par le président burkinabe Roch Marc Christian Kabore, Emmanuel Macron a voulu s’adresser à la jeunesse africaine par un discours de 2h devant  800 étudiants à l’université de Ouagadougou. Un discours où E. Macron s’est appuyé sur sa propre jeunesse pour faire passer des messages  aux jeunes étudiants et leur dire qu’il croyait dans leur vitalité démocratique et qu’il savait que ces jeunes attendaient  avec impatience de participer à la construction de leur pays. « Je ne viens pas dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire ». Le Président a effacé d’un revers de la main le spectre des réseaux de Françafrique qui appartiennent au passé, pour se placer dans une dynamique de partenariat et d’écoute.

Du point de vue économique on retiendra la volonté du Président Macron de faire de l’Afrique une priorité de sa diplomatie économique. Il a exhorté les entreprises et plus particulièrement les PME a se mobiliser avec des entreprises africaines et a investir sur place. Il a évoqué plusieurs priorités pour l’investissement de l’Etat français dont la plupart sont liées à la maîtrise de la démographie. La santé tout d’abord pour laquelle il souhaite aider au renforcement des infrastructures et au développement d’une filière de médicaments « fiables ». La lutte contre le réchauffement climatique et l’énergie propre, en citant l’investissement financé par l’Etat dans le solaire, il souhaite faciliter les projets dans ce domaine. La ville durable, qui pour lui sera véritablement inventée en Afrique et qui permettra d’inventer les villes africaines du XXI siècle. L’agriculture et l’agroalimentaire qui emploie aujourd’hui 60% de la population africaine.

Pour tout cela il a évoqué 3 axes de travail transversaux. Le 1er est  la formation qui est une priorité et doit être contenue dans tous les projets d’investissement des entreprises françaises en Afrique. Il a aussi fortement insisté sur l’éducation des femmes qui pour lui est un combat vers la maîtrise de la natalité africaine qui croît plus vite que l’économie ne peut le faire.

Le 2ème est la mobilité des jeunes qui vont construire nos relations demain. Il a évoqué pour cela un droit privilégié des jeunes africains qui ont fait leurs études en France et le rôle des jeunes français issus de la diaspora africaine qui peuvent jouer un rôle moteur dans nos relations. Il souhaite aussi accueillir 1000 talents africains chaque année dans toutes les disciplines pour enrichir de projets nos pays.

le 3ème axe est le financement de l’entreprenariat en Afrique, plus de 1 milliard d’euros seront investis par l’AFD et la BPI dans les entreprises. Cette politique sera également appuyée par le fonds infrastructure qui lui consacrera 300 Millions d’Euros pour financer des projets d’infrastructures en Afrique

Enfin et peut être chose la plus attendue par les Africains, il a ouvert la porte à une modification profonde du Franc CFA à la fois dans les pays qui sont concernés mais aussi dans le mécanisme de fonctionnement, voire même d’un changement de nom si nécessaire. Cette polémique qui gronde depuis plusieurs mois sur le Franc CFA est une sorte de symbole de la résistance de la France Afrique et c’est pour beaucoup un symbole de changement, même si sur le fond, les choses ne peuvent qu’évoluer très lentement.

Ceci conforte le positionnement des Rencontres Africa 2017 qui ont eu lieu à Abidjan, au Kenya, en Tunisie, qui ont travaillé sur un concept de croissance inclusive.  C’est à Abidjan que Jean-Yves Le Drian déclarait « le secteur  privé est le moteur de la croissance, ou encore à Tunis où Edouard Philippe plaidait pour le réalisme économique, devant la foule qui se pressait. Nous sommes d’accord : il faut participer à tous les grands projets enthousiasmants qui se profilent dans tous les pays africains en plein développement. De son côté, le Cabinet d’avocats, Bird & Bird cherche à inciter les Pme et Eti à participer à des contrats de PPP en Afrique,  qui sont autant d’outils de développement au service des entreprises  et des réponses efficaces aux besoins croissants d’infrastructures en Afrique, pour le bénéfice des uns et des autres.

Le dynamisme du Président Macron et sa volonté de donner de la vitalité dans des principes d’égalité et de compréhension mutuelle  aux relations entre nos pays, entre Pays africains et France ne peuvent que servir les entreprises qui sont elles-mêmes sur les starting blocs ! N’oublions pas non plus le fort ciment que constitue la Francophonie, un pilier de développement qui n’a pas encore été assez utilisé jusqu’à maintenant.

Advertisement

Abonné Magazine

Oublié votre mot de passe ?

Rejoignez-nous

Réinitialiser le mot de passe
Veuillez entrer votre email. Vous allez recevoir votre nouveau mot de passe par email.