Actus Afrique : Le commerce intra-africain, préoccupation majeures des leaders africains

Afrique : Le commerce intra-africain, préoccupation majeures des leaders africains

Le développement du commerce entre les pays du Continent est une des préoccupations majeures des leaders africains, car c’est le premier pas vers l’intégration économique de l’Afrique.

Ibrahim Zakari, directeur du Centre de commerce extérieur et des relations extérieures (CCERE) du Cameroun, dans une interview de La Tribune Afrique, livre sa perception des raisons derrière la faiblesse des échanges commerciaux intra-Continent.

L’Afrique étant un continent regorgeant de multiples richesses en tout genre, l’exploitation de ses ressources a toujours fait montre de divers intérêts venant des grandes puissances. La parité commerciale entre l’Afrique et le reste du monde reste néanmoins un sujet de réflexion et d’interrogations, vu la place qu’occupe l’Afrique dans la balance commerciale à l’échelle mondiale.

Par ailleurs, l’application des différents accords intra-africains demeure une des sources de développement du Continent du point de vue commercial. En effet, le commerce intra-africain est porteur d’une croissance et d’un développement soutenus en Afrique et ceci devrait être soutenu pour la création d’une zone de libre-échange pan-continentale. La création des industries et la promotion du secteur privé pourraient réellement contribuer à une croissance productive.

Dans la zone de la communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), ce commerce intra-africain reste sous-développé et sans véritable rentabilité. La régionalisation de certains secteurs d’activités devrait pouvoir relancer cet échiquier de transactions entre les pays de la sous-région CEMAC. Certes, le Cameroun, dont l’économie est plus diversifiée à la CEEAC avec un taux d’échanges intracommunautaires s’élevant à 30 %, devrait insuffler une nouvelle dynamique aux accords de partenariats et leurs applications effectives.

Le commerce entre les différents pays en Afrique peine réellement à décoller à cause du non-conformisme des accords de partenariats, de la non-industrialisation de nos produits sur le marché continental, et la non-valorisation du secteur privé qui inclut également la création des entreprises et le sous-emploi. La rentabilité est ainsi très basse et le marché des opérations reste limité et non-conventionnel.

Le commerce entre pays devrait par exemple intercéder entre plusieurs facteurs, dont ceux prônant l’exigence financière. La Banque Camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises par exemple, pourrait être un tremplin pour ces nouveaux investisseurs. L’adoption du «Made in» des pays du Continent par les établissements privés pourrait sans doute insuffler une nouvelle donne dans le monde des affaires. L’économie de chaque pays s’en verra grandissante avec le cumul de l’exploitation des produits locaux relié à la création des emplois pour une croissance effective. L’Afrique a besoin d’industrialiser ses produits dans de nombreux secteurs de production. La facilitation des procédures administratives et la sécurisation et le suivi de ces procédures laisseront le champ libre aux investisseurs de mieux s’intégrer et de palier aux différents désagréments rencontrés sur le terrain.

Les barrières commerciales de certains Etats ralentissent la croissance des échanges intra-africains, l’accès irrégulier à l’information commerciale ou encore le surcoût appliqué aux transactions commerciales demeurent les plus grandes tares de l’économie du Continent. La nécessité de promouvoir une croissance soutenue et la transformation économique impliquent généralement une plus-value des échanges entre Etats et remettent en question le principe d’inter-connectivité et d’accords bilatéraux. La croissance économique devrait être positivement associée à la taille du pays et à son ouverture au monde.

L’Afrique ayant différents coûts de fragmentation, allant des pertes -biens publics, entre autres- recensées localement, régionalement ou même au niveau du pays entre autres, rabaisse considérablement ces coûts de production au vu de la non-maîtrise des échanges et de l’instabilité de leur économie. La matérialisation des marchés doit se faire de manière conventionnelle, car un petit marché est plus susceptible d’être moins concurrentiel qu’un plus grand grâce à une économie d’échelle. Au niveau de l’entreprise, on aura une grande inactivité concurrentielle et une faible démarche dans le domaine bancaire, car travaillant avec juste les petites banques ou les microfinances -cas fréquent en zone CEMAC- elles restent exposées à une covariance élevée du risque de défaut et donc, à une grande perte.

Source : La Tribune Afrique

Advertisement

Abonné Magazine

Oublié votre mot de passe ?

Rejoignez-nous

Réinitialiser le mot de passe
Veuillez entrer votre email. Vous allez recevoir votre nouveau mot de passe par email.