Actus Hydroquest : un beau projet, une équipe solide, un business plan réalisable pour des résultats spectaculaires

Hydroquest : un beau projet, une équipe solide, un business plan réalisable pour des résultats spectaculaires

Jean-Francois SimonC’est l’histoire d’une start-up qui devient leader sur son marché : 10 ans de recherche, 9 brevets, des appels à des investisseurs ciblés, du travail, des rencontres de décisionnaires politiques, des soutiens obtenus, des recherches de fonds, depuis 2010, Hydroquest a montré son agilité et a réussi. La société s’est spécialisée dans deux produits majeurs et innovants, les hydroliennes fluviales et marines.

Une feuille de route mouvementée à suivre

Réussir à monter un projet technique intéressant parce qu’on sait qu’il a des applications, trouver des partenaires, des investisseurs est un long travail. Jean-François Simon (en photo), homme d’affaire, ingénieur centralien, était déjà immergé dans le monde des start-up. Il avait reçu de nombreux candidats tous plus inventifs les uns que les autres, du temps où il présidait le comité d’engagement de l’incubateur de start-up de Grenoble. Etant président du Technoparc Inovallée de Grenoble, il suivait l’ensemble de ces projets qu’on lui proposait souvent de soutenir mais qu’il refusait pour différentes raisons, tantôt l’équipe ne convenait pas, tantôt il estimait que les ingénieurs ne pensaient qu’à la technique ou encore que ces projets innovants n’avaient pas d’avenir parce que pas d’ouverture sur le business. « Aujourd’hui, il y a une foule de capitaux disponibles. Je suis allé au Cleantech Forum à San Francisco et j’ai rencontré 40 investisseurs en 3 jours » commente-t-il, « mais les bons projets ne sont pas nombreux parce que le business plan proposé n’est pas applicable ou encore parce que la qualité des équipes n’est pas au rendez-vous ».

Hydroquest est devenu leader mondial sur le marché

Le domaine de recherche d’Hydroquest, les hydroliennes fluviales et marines, affiche un potentiel énorme de développement d’autant qu’il y a des marchés en Afrique qui sont preneurs de ce genre de machine.
« Une machine fluviale a été vendue à EDF pour  la Guyane en zone amazonienne hostile, à 3 heures de pirogue de toute route. Une autre machine est installée depuis 2 ans à Orléans : elle a été la première hydrolienne à être reliée au réseau électrique d’EDF » détaille avec plaisir Jean-François Simon.

« Elles pèsent 15 tonnes, ce sont de petites machines fluviales. Maintenant, on a 3 projets en France avec VNF et CNR. On a eu des aides de l’Ademe pour faire une ferme fluviale en France et on a des demandes à l’export de l’Angola, de Birmanie, du Cameroun ».

L’ouverture sur le domaine marin

Précisons que, dans le domaine marin, Hydroquest est tout simplement en concurrence avec des groupes comme Alstom ou DCNS ! « C’était plus compliqué car, pour développer il nous fallait un savoir-faire marin, pour la prise en compte de la houle, de la corrosion, par exemple. Ce sont des hydroliennes qui font plusieurs centaines de tonnes et qu’il faut donc construire sur place. « Il fallait trouver des alliances et monter un consortium crédible pour bénéficier des aides européennes » reprend Jean-François Simon. « On a choisi de faire appel à CMN, fabricant de bateaux militaires et civils à haute valeur ajoutée. Le groupe CMN est entré à notre capital et c’est avec eux qu’on construit cette machine de
1 megawatt qui sera prête dans un an ».

Le prochain projet : une ferme marine

Mais les projets ne s’arrêtent pas là et notamment l’idée d’une ferme marine avec des machines de 1 ou 2 mégawatts. « On suit les marées, mais il nous faut des spots où il y a des grosses marées : l’Ecosse, l’Australie, l’Indonésie. On peut imaginer pouvoir construire des fermes marines qui seraient équivalentes à 3 centrales nucléaires »

Un investissement rentable

« Jusqu’à maintenant, on a pu rentabiliser notre investissement » commente avec satisfaction Jean-François Simon, énumérant les raisons pour lesquelles l’affaire marche bien. « Nous avons fait des économies dans notre installation (bureaux et usine). Nous avons reçu des aides de l’Etat : crédit impôt-recherche, un prix pour l’innovation décerné par l’Ademe. Nous avons aussi pu vendre les premiers prototypes ».
J.F Simon reconnaît que maintenant, ce sont les activités d’ingénieurs qui font vivre la société, notamment pour réhabiliter des petites centrales anciennes, si bien qu’ils n’ont pas eu besoin de lever des fonds.
Une histoire mouvementée qui montre que ce sont les start-up qui font les découvertes, elles créent, et la recette de la réussite pour elles, c’est de s’associer à de grosses structures qui auront aussi besoin d’elles et de leur agilité.

Cet article est paru dans le N°239 du magazine Classe Export :

Magazine mars-avril 2017 - 239
Version en ligne + papier envoi France métropolitaine. Etranger : Ecrire à magazine@classe-export.com

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